Gestion de classe

Cette section présente un récapitulatif structuré de tous les articles portant sur le sujet de la gestion de classe avec un accent mis sur l’application dans le secondaire.


Introduction


Les enseignants débutants qui supposent que tous les élèves sont également capables de se comporter de manière adéquate découvrent rapidement qu’ils ne le sont pas. En effet, le comportement des élèves en classe est susceptible d’être un challenge majeur pour tout enseignant.

Comment définir la gestion de classe ?


À différents moments dans ces pages, la question de cerner le sens de cette expression est abordée. Il est bon cependant de démarrer avec une définition minimaliste et pragmatique.

Elle est proposée par Greg Ashman dans son livre « The truth about teaching » (2018). Il la définit comme un ensemble de stratégies, de routines et de règles (« policies ») que les enseignants et les écoles utilisent pour maximaliser le temps d’apprentissage des élèves en classe. Mais si on veut échapper à ce point de vue réductionniste, il faut réaliser comme l’écrit Tim Knoster (dans son livre « The teacher’s pocket guide for effective classroom management » (2014)) que notre mission commune est d’aider nos élèves à apprendre et à grandir. Cela doit se faire d’une manière qui permet à chaque enfant de développer à la fois des compétences académiques et des compétences sociales et émotionnelles (comportementales).

Gestion de classe et gestion des apprentissages vont de pair


Des activités bien planifiées et bien menées suscitent la participation et l'engagement dans la tâche des élèves, stimulent leur apprentissage et favorisent leur réussite, ce qui réduit, par le fait même, les problèmes de gestion de classe.

À l'opposé, des cours mal préparées, mal structurés et mal rendus démotivent les élèves et augmentent les risques de problèmes de comportement dans la classe.



  1. Instruire, enseigner et éduquer
  2. Routines, réponses et relations, les 3 R d’un système optimal de gestion du comportement
  3. Pourquoi le soutien au comportement positif (SCP) est la meilleure option en gestion de classe et du comportement !
  4. Quand l’approche traditionnelle d’une discipline répressive montre ses limites
  5. Des valeurs au service d’une culture d’école efficace
  6. Dix dimensions pédagogiques pertinentes en gestion de classe et des apprentissages
  7. Comment se construit l’authenticité chez l’enseignant ?
  8. Que signifie être authentique lorsque l’on est enseignant ? Les attentes des élèves.
  9. Efficacité, apprentissage et acquisition d’expertise en gestion de classe
  10. Principes éthiques du leadership en gestion de classe
  11. Quels rôles pour les éducateurs dans l’enseignement secondaire belge ?


Références théoriques


Le comportement d’un élève comme d’un enseignant n’est que partiellement observable. On peut en observer de signes extérieurs, verbaux ou non verbaux. Mais on ne peut connaître avec certitudes les pensées qui l’animent. On peut juste faire des suppositions indirectes à partir de ce que l’on observe.

En règle générale, comme l’écrit Tim Knoster (2014), notre comportement, ainsi que celui de nos élèves, n’est pas aléatoire

Par exemple, nos actions et nos réactions sont directement liées à de tels effets interactifs entre nos prédispositions et les influences externes de notre environnement).

Nos émotions et nos comportements sont des conséquences directes de cet effet d’interaction entre la nature et l’éducation.

À travers une journée d’école, nos élèves vivent quotidiennement des moments de stress et des moments où ils se sentent détendus et calmes.

Notre objectif, en tant qu’enseignant, est qu’ils restent concentrés sur les tâches assignées ou à l’écoute de l’enseignant en classe.

Ils ont de multiples raisons de ne pas le faire. C’est d’autant plus le cas qu’ils sont stressés, énervés, pressés, ou excités. L’enseignant n’a pas la possibilité de développer des interactions individualisées ni de s’inquiéter de l’état d’esprit de chacun de ses élèves en permanence. Il doit agir au niveau du groupe et limiter ses interventions particulières de gestion de classe au niveau d’élèves donnés, perturbateurs ou difficiles.


  1. Apports et concepts reliés au conditionnement classique
  2. Principes généraux du conditionnement opérant en lien avec la gestion de classe
  3. De l’utilité de modèles théoriques en gestion de classe, cas de la contingence à trois termes
  4. Paramètres de distribution du renforcement en gestion de classe
  5. Principe de Premack et théorie de la privation de réponse
  6. Habituation et gestion de classe
  7. Caractéristiques et facteurs d’apparition des phénomènes de coercition
  8. Cycles de coercition en contexte scolaire : influences négatives sur l’engagement et le comportement des élèves
  9. Réactions d’élèves face à la punition
  10. Importance de la motivation intrinsèque pour la gestion de classe et des apprentissages !
  11. La pensée contrefactuelle, un moteur de progrès face aux difficultés comportementales et d’apprentissage
  12. Quels liens entre l’efficacité d’un enseignant et les relations qu’il entretient avec ses élèves ? L’influence des profils interpersonnels
  13. Enseigner et établir des relations interpersonnelles de qualité en classe tout au long de sa carrière
  14. Influence du positionnement et du comportement non verbal de l’enseignant sur sa gestion de classe
  15. Influence du comportement interpersonnel de l’enseignant sur les résultats de ses élèves
  16. Pourquoi les punitions ne sont pas une panacée en gestion de classe ?


Soutien au comportement positif


Cette section du site s’inscrit dans la dynamique de l’approche du Soutien au Comportement Positif et des données probantes qui l’animent.

Le Soutien au Comportement Positif propose la mise en place d’un système de soutien sur le plan de la gestion des comportements dans l’ensemble de l’école. L’objectif est de créer et de maintenir un milieu propice à l’apprentissage.

Le SCP préconise l’adoption d’une approche à l’échelle de l’école toute entière qui se fonde sur les idées suivantes :
  • Les comportements souhaités et les compétences comportementales attendues en classe et hors classe doivent être définis précisément.
  • Ils doivent être enseignés explicitement au même titre que le français et les mathématiques, et être reconnus lors de leurs manifestations. 
Chaque établissement scolaire s’inscrivant dans cette démarche suit un processus précisément établi.

Ce processus nécessite notamment de définir des valeurs propres à l’école et d’obtenir l’adhésion d’une large majorité du personnel. En se définissant des valeurs communes et en s’engageant à les promouvoir, les enseignants posent les bases de l’amélioration. Il s’agit de déterminer les actions, les comportements et les engagements nécessaires à la mise en œuvre de leur vision et au succès de leur mission.

Il s’agit alors de former une équipe dédiée regroupant différentes compétences.

Celle-ci va déterminer ses propres besoins en relevant et en analysant de façon systématique des données sur les problèmes comportementaux vécus.

Il s’agit également de bien prendre en compte le profil des élèves au niveau de l’école, afin de savoir quels facteurs peuvent influencer leur comportement des élèves et ce que l’école peut faire pour y remédier.

Ensuite une approche cohérente et positive de la discipline dans l’école est développée et mise en place avec la collaboration de tout le personnel qui travaille en équipe. Une fois l’approche définie, il faut consacrer du temps pour l’appliquer à l’échelle de l’école.

Bibliographie :

Clermont Gauthier, Steve Bissonnette & Marie Bocquillon, L’enseignement explicite : une approche pédagogique efficace pour favoriser l’apprentissage des contenus et des comportements en classe et dans l’école », Apprendre et enseigner aujourd’hui, vol 8, n° 2, printemps 2019

Improving Behaviour in Schools, Guidance Report, Education Endowment Foundation, 2019



La gestion de classe peut être vue comme une intégration entre interventions préventives et interventions correctives.

Le facteur le plus important est constitué par les interventions préventives qui occupent largement 80 % du temps consacré à la gestion de classe. 

Néanmoins celles-ci ne fonctionnent correctement que dans la mesure où l’enseignant gère également les perturbations par des interventions correctives qui représentent en moyenne 20 % du temps. 

  

Interventions préventives

Steve Bissonnette et ses collègues (2016) précisent les cinq points suivants :

  1. Établir une bonne relation avec tous les élèves
  2. Créer un environnement sécurisant, ordonné, positif et prévisible
  3. Encadrer et superviser de façon constante ses élèves
  4. Maintenir une classe bien organisée qui maximise le temps d’enseignement et d’apprentissage des élèves
  5. Faire usage de stratégies liées à l’enseignement efficace qui favorisent la réussite et les progrès de chaque élève
Ces cinq points correspondent à un ensemble de stratégies, de pratiques et d’approches.

Préparation et mise en place 


  1. Conseils pratiques de gestion de classe liés aux actions préventives préalables aux cours
  2. Organiser l’espace de la classe
  3. Établir des relations constructives et positives avec ses élèves
  4. Enseignement explicite des comportements : phase de préparation
  5. Croire aux progrès et à la réussite de chacun de ses élèves


Pendant le cours


  1. Établir la base des relations en classe
  2. Maintenir la qualité des relations en classe au fil de l’année scolaire
  3. Maximisation du temps d’apprentissage scolaire et enseignement explicite
  4. Conseils pratiques de gestion de classe liés à des interventions préventives en classe
  5. Importance de la circulation et des interactions sociales de l’enseignant en classe
  6. La règle des cinq commentaires positifs pour un négatif : échos d’une problématique bien réelle en éducation
  7. La règle des cinq commentaires positifs pour un négatif : entre mythe utile et pomme empoisonnée en gestion de classe
  8. Enseigner explicitement les comportements et fournir un renforcement positif pour atténuer le recours aux punitions
  9. Enseignement explicite des comportements : phase d’interaction et de consolidation
  10. Agir sur les antécédents en gestion de classe


Interventions correctives


Bien qu’il faille cibler prioritairement les interventions préventives, il s'avère néanmoins inévitable d’utiliser également des interventions correctives auprès des élèves qui présentent des écarts de conduite malgré tout.

Steve Bissonnette et ses collègues (2016) précisent les cinq points suivants :

Dans le cadre de l’approche de type réponse à l’intervention, on va assister à une escalade du niveau d’intervention.

  1. Niveau 1 : Commencer par des stratégies d’intervention indirectes pour tout élève s’engageant dans un comportement perturbateur mineur.
  2. Niveau 1 et 2 : Si elles ne fonctionnent pas où si le comportement perturbateur est majeur, passer à des stratégies d’interventions directes avec un nouvel enseignement, des attendus et routines comportementales.
  3. Niveau 2 et niveau 3 : Si les interventions directes ne suffisent pas, il faut accumuler des données comportementales sur les élèves difficiles.
  4. Niveau 3 : Précise la fonction du comportement de l’élève.
  5. Niveau 3 et 4 : Recourir à de l’aide spécialisée si le problème persiste malgré toutes les interventions.
P.S. Le niveau 4 n’est pas spécifiquement prévu dans le SCP et l’approche RàI. Il concerne le cas d’élèves problématiques qui échappent à la gestion de la discipline scolaire et qui peuvent bénéficier d’un support extérieur qui les prend en charge.

Il est important de maintenir un caractère gradué dans les interventions. Les interventions indirectes puis directes sont légère face à ses stratégies plus lourdes comme l’accumulation de données comportementales


  1. Un continuum pour les interventions correctives en gestion de classe
  2. Écarts de conduite en gestion de classe
  3. Écarts de conduite majeurs en gestion de classe
  4. Écarts de conduite mineurs en gestion de classe
  5. Relations avec les parents
  6. Utiliser à bon escient les récompenses et le renforcement positif dans le cadre des interventions correctives
  7. Facteurs d’efficacité du renforcement positif dans le cadre des interventions correctives
  8. Quels seraient les critères d’une punition efficace ?





Comprendre et agir dans les situations difficiles



  1. Conseils pratiques de gestion de classe liés aux interventions correctives
  2. Une prise en compte de la communication de l’enseignant comme facteur de gestion de classe : l’approche systémique
  3. Sauver la face
  4. Que faire quand le climat de classe tourne durablement au vinaigre ?
  5. La prévention du chahut en classe
  6. Stress de l’enseignant et gestion des perturbations en classe, à la lumière de la théorie transactionnelle du stress et de l’adaptation (coping)
Bibliographie :

Bissonnette, Steve, Gauthier, Clermont, Castonguay, Mireille, L’enseignement explicite des comportements, Pour une gestion efficace des comportements en classe et dans l’école, Chenelière Éducation, Montréal, 2016

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