vendredi 27 avril 2018

Pourquoi choisir les bonnes méthodes d’apprentissage n’est pas un processus naturel chez l’élève ?

La recherche fondamentale sur l'apprentissage et la mémoire humaine, en particulier la recherche sur la métacognition humaine, a démontré que nos intuitions et nos croyances sur la façon dont nous apprenons sont souvent erronées. 

(Photographie : Atsuhito Omori)

Apparemment, nous ne saisissons pas les complexités de l'apprentissage et de la mémoire humaine à partir des expériences d'essais et d'erreurs de la vie quotidienne.

De nombreuses démonstrations ont permis d'indiquer que les participants à qui l'on demande de prédire leur propre rendement futur à la suite de conditions d'enseignement que les chercheurs savent inefficaces prévoient souvent un meilleur rendement, que des participants  qui bénéficient de meilleures conditions d'enseignement.
Une partie du problème est que les conditions qui améliorent rapidement le rendement pendant l'enseignement ou la formation, comme la répétition ou l’étude massée et séquentielle peuvent ne pas soutenir la rétention et le transfert à long terme. 

A l'opposé, les conditions qui introduisent des difficultés pour les apprenants et semblent ralentir le processus d'apprentissage, comme c'est le cas de l'intercalage de différents types de problèmes, les pratiques de récupération ou l'utilisation de l'espacement temporel, améliorent souvent la rétention et le transfert à long terme.

En tant qu'apprenants, nous pouvons aussi être trompés par des impressions subjectives, comme la facilité ou le sentiment de familiarité que nous acquérons en lisant un texte d'exposition ou la facilité avec laquelle certaines informations nous viennent à l'esprit, les deux pouvant être des produits de facteurs sans rapport avec la compréhension ou la compréhension réelle.

Il est de plus en plus évident que les gens ont des croyances sur la façon dont ils apprennent qui sont inexactes de diverses manières, ce qui les amène souvent à gérer leur propre apprentissage et à en inciter l'utilisation à d'autres de façon non optimale.

Il est donc clair que la recherche - et non l'intuition ou les pratiques courantes - doit être le fondement de l'amélioration de l'enseignement et de l'apprentissage.

Si l'éducation doit être transformée en un domaine fondé sur des données probantes, il est important non seulement d'identifier les techniques d'enseignement qui bénéficient d'un soutien expérimental, mais aussi d'identifier les croyances largement répandues qui influent sur les choix faits par les praticiens de l'éducation, mais qui manquent de soutien empirique.

Bibliographie :

Pashler, H., McDaniel, M., Rohrer, D., & Bjork, R. (2008). Learning styles: Concepts and evidence. Psychological Science in the Public Interest, 9, 105–119.

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