mardi 10 avril 2018

Quelles sont les spécificités de la pensée scientifique ?


Le contenu de l'enseignement à lui seul n'est pas susceptible de mener à la maîtrise des sciences, et il n'est pas non plus possible de s'engager dans des expériences d'enquête dépourvues de contenu scientifique significatif.


(photographie Jordan Baumgarten)


Des résultats anormaux, ou inattendus, peuvent être particulièrement importants pour créer de nouvelles connaissances, mais dépendent particulièrement des connaissances antérieure. Les données qui semblent étranges parce qu'elles ne correspondent pas a notre modèle mental du phénomène à l'étude sont très informatives.

Elles nous disent que notre compréhension est incomplète et nous guident dans l'élaboration de nouvelles hypothèses et l'ajustement de nos connaissances. 

Mais on ne peut reconnaître le résultat d'une expérience comme étant anormal que si l'on s'attend à ce que quelque chose de précis se produise. Cette attente n'est possible que grâce à la connaissance du domaine, tout comme la capacité à créer une nouvelle hypothèse qui prendra en compte le résultat anormal.

La pensée scientifique recouvre les procédures mentales par lesquelles la science est menée, essentiellement tout ce qui a trait à la démarche scientifique, au développement de modèles, aux questions de corrélations.

La pensée scientifique est à considérer comme une section de la pensée critique qui présente un ensemble de critères et de caractéristiques propres qui font qu’elle peut être appréhendée comme une entité.

Cependant, elle peut être considérée comme un sous-ensemble de raisonnements qui ne sont pas différents en nature d’autres types de raisonnement que font enfants et adultes.

En tant que pensée critique, elle répond aux mêmes facteurs :
Pour s’engager dans un tel raisonnement scientifique, il faut
1)    Avoir accumulé suffisamment de connaissances pertinentes et passé assez de temps à les pratiquer:
a.     Les connaissances de base sont nécessaires pour s'engager dans la réflexion scientifique.
b.  Le raisonnement scientifique gagne à être enseigné dans le contexte d'une riche connaissance de la matière.
c.   La familiarité avec le domaine permet de jongler plus facilement avec différents facteurs simultanément, ce qui vous permet d’analyser ou de construire des expériences qui contrôlent simultanément plus de facteurs.
d.    Les connaissances et les croyances antérieures n'influencent pas seulement les hypothèses que l'on choisit de tester, elles influencent la façon dont on interprète les données d'une expérience.
e.   L'idée que la pensée scientifique doit être enseignée main dans la main avec le contenu scientifique est soutenue par la recherche sur la résolution de problèmes scientifiques. Les approches efficaces de résolution de problèmes scientifiques sont celles qui mettent l'accent sur l'établissement de bases de connaissances complexes et intégrées, par exemple en incluant des exercices comme la cartographie conceptuelle ou détaillant des procédures de réflexion.
  
2)    Pouvoir reconnaître quand s'engager dans le raisonnement scientifique. Dans un domaine comme les sciences, les élèves ont plus d'indices contextuels pour les aider à déterminer quelle stratégie métacognitive utiliser et les enseignants ont une idée plus claire du domaine de connaissances qu'ils doivent enseigner pour permettre aux élèves de faire ce que la stratégie exige.

Bibliographie :

Willingham, D. T. (2007). Critical Thinking: Why Is It So Hard to Teach? American Educator, 31, 8-19


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