À la lumière de l’appartenance humaine, les smartphones ont un impact dévastateur sur la connectivité, le bonheur et le bien-être des élèves.
Un des facteurs majeurs est que les élèves accordent de plus en plus d’attention à leur téléphone et de moins en moins à ceux qui les entourent. Synthèse d’une réflexion de Doug Lemov et ses collègues sur cette question (2022)
(Photographie : evelynhollow)
Connexion et isolation en lien avec l’usage des smartphones en école
Créer un rempart face aux smartphones en école
- La restriction
- Il est irréaliste de penser que nous reviendrons un jour à l’époque où les smartphones n’existaient pas encore. Il est doublement irréaliste de penser que les écoles peuvent faire beaucoup de progrès pour modifier les normes sociétales générales. Ce n’est pas vraiment notre mission.
- En revanche, notre mission est de mettre en place, au sein de nos établissements, des environnements qui garantissent l’apprentissage et le bien-être des élèves. Les écrans nuisent à l’attention, à l’apprentissage, à la communauté et à la santé mentale.
- Dès lors, il est nécessaire de garantir des périodes prolongées pendant lesquelles les élèves ne sont pas exposés aux écrans. Ils ont besoin de ne pas les utiliser et de ne plus être en présence d’écrans. Il s’agit de rétablir l’attention, d’optimiser l’apprentissage et de maximiser le bien-être social. C’est particulièrement pertinent à la suite d’une crise sanitaire qui a laissé les élèves, très en retard sur le plan scolaire et déconnectés sur le plan social.
- La mise en œuvre de ces restrictions demande d’établir une planification soigneusement conçue et d’obtenir l’adhésion du personnel et des parents dans un premier temps.
- L’antidote :
- Au-delà d’une restriction de l’accès aux smartphones, les écoles peuvent encourager des activités qui jouent un rôle d’antidote.
- Le meilleur antidote pourrait tout simplement être une classe bien gérée, avec une séance d’enseignement explicite qui engage tout le monde. Les élèves ressentent un fort sentiment d’appartenance parce qu’ils reçoivent constamment des signaux de leurs pairs indiquant que leur présence et leurs efforts sont appréciés.
- Les écoles peuvent également ajouter à cela un ensemble intentionnel d’activités qui font participer et interagir les élèves en dehors des classes, sans smartphones.
- Il est important de veiller à ce que les élèves passent leurs journées à l’école dans des environnements constructifs et conçus à dessein, où la culture est vivante et encourageante.
- L’intervention :
- Nous partons du constat que les jeunes d’aujourd’hui vivent une version plus ralentie de l’adolescence que les jeunes d’il y a dix ou vingt ans. Ils ont moins d’opportunités d’expériences. La pandémie les a encore plus éloignés de toute une gamme d’expériences sociales, de même que les nouvelles normes technologiques.
- Certains élèves combleront les lacunes laissées par cette expérience réduite si nous leur offrons davantage d’occasions de se connecter au cours de la journée. Mais pour certains élèves, et peut-être pour certaines des normes que nous voulons établir, de simples occasions ne suffiront pas. Nous devrons être prêts à enseigner les normes et les attentes sociales de manière délibérée.
- Les écoles les plus efficaces sont engagées dans une démarche et dans une réflexion liées à l’enseignement explicite des comportements. Elles sont parfaitement conscientes que seuls les climats de classe les plus positifs et les plus productifs peuvent encourager et favoriser le type de culture intellectuelle dont les élèves ont besoin si l’excellence est réellement un objectif. Elles prennent l’habitude d’établir et d’enseigner des normes sociales.
- Il est bénéfique pour les élèves d’apprendre les normes de l’école qu’ils fréquentent. C’est d’autant plus le cas lorsque ces normes les aident à établir des liens et à apprendre dans le cadre de l’école. Elles leur laissent la liberté de décider quand et s’ils veulent adopter ou adapter ces normes en dehors de l’école. Les élèves sont parfaitement capables de décider eux-mêmes jusqu’où ils veulent aller. Ils auront toujours les compétences nécessaires.
- Les élèves apprécient d’être soumis à des normes élevées lorsqu’il est clair que ces normes sont motivées par la croyance en leur potentiel. Même les élèves qui ne semblent pas toujours l’apprécier sur le moment finissent généralement par en voir la valeur. Les élèves ne voient pas d’inconvénient à être soumis à des normes élevées lorsqu’ils comprennent qu’elles sont imposées par respect pour leurs capacités et leur potentiel (et lorsque les normes sont systématiquement respectées).
- L’adhésion des élèves aux normes est un résultat et non une condition préalable. Si une culture scolaire permet aux élèves de se sentir entiers, soutenus et importants, ils l’adopteront. Il n’y a aucune raison de penser qu’ils sauront à l’avance que c’est le cas. Si nous nous attachons à rendre l’école et la culture scolaire excellentes, les élèves finiront par y croire.
- Pour ce faire, il faudra que tous les membres du personnel se concentrent, suivent et adhèrent à la démarche, ce qui n’est pas toujours facile à réaliser. Pour toute école, le suivi opérationnel est le principal moteur de l’efficacité. Il représente la capacité à garantir que les politiques et les décisions choisies sont mises en œuvre avec fidélité dans l’ensemble de l’organisation.
Confiance et équité dans l’école
Rétablir la confiance dans l’école
L’importance de l’équité dans une institution comme l’école
- L’équité du résultat :
- L’équité du processus
- Elle est le fait de savoir si les gens pensent que les décideurs ont pris leur décision d’une manière ouverte, juste et honnête.
- Par exemple, en démocratie, la majorité de la population comprend et accepte ses décisions, même si au niveau individuel, les personnes peuvent ne pas être d’accord avec elles, parce qu’elles pensent pensons que le processus est équitable.
- À long terme, le processus est plus important que n’importe quelle décision.
Activer un processus de consultation dans le cadre d’une équité des processus
Construire l’adhésion à une école qui fonctionne et réussit
- Être efficace dans ses missions d’enseignement et dans le développement de l’appartenance. Les gens ont confiance dans les organisations bien gérées qui semblent capables d’accomplir des tâches complexes et coordonnées.
- Une école qui donne aux élèves un sentiment d’appartenance, mais ne les prépare pas à réaliser leurs rêves ne répond pas aux normes.
- D’autre part, l’excellence scolaire est nécessaire, mais elle n’est pas suffisante pour mener à bien cette entreprise.
- Aider les membres du personnel à ressentir un fort sentiment d’utilité :
- Le personnel forme un groupe social lié par le lieu, partageant une vision claire de l’avenir et des objectifs communs.
- Le premier objectif commun correspond à la poursuite commune des connaissances des élèves. Une école efficace possède avant tout une culture qui valorise l’apprentissage.
- Le deuxième objectif commun est le bien-être des élèves. Les écoles positives, optimistes, reconnaissantes et altruistes, sont des lieux psychologiquement sains. La recherche des vertus signifie essentiellement toutes les façons de penser, de sentir et d’agir qui sont bonnes pour les autres et bonnes pour nous-mêmes.
- Une école n’a pas besoin de beaucoup plus que ces deux objectifs.
- Le partage d’un vocabulaire est une étape importante dans le développement d’un sens aigu d’avoir des objectifs en commun. Le fait d’avoir des mots pour désigner les choses les fait naître. Une école devrait établir un vocabulaire commun pour les choses qu’elle veut inculquer et les objectifs qu’elle recherche. Cela rend ces choses lisibles pour les élèves et les parents. Le fait de comprendre et de se sentir lié à des objectifs communs ne rend pas seulement les gens plus heureux, mais leur permet également de se sentir plus liés et plus confiants.
- Se concentrer sur le processus :
- Il est parfois difficile d’imaginer une décision avec laquelle tous les membres d’une communauté seraient d’accord. Pour résoudre cette problématique, nous devons nous rabattre sur le processus.
- Les gens doivent avoir le sentiment que le processus décisionnel est fondé sur des objectifs et des données, qu’il est transparent et qu’il tient compte de leur avis.
0 comments:
Enregistrer un commentaire