dimanche 23 juin 2024

Cinq dimensions et quatre domaines d’action liés au soutien au comportement positif

Le soutien au comportement positif utilise l’enseignement explicite dans un cadre général large à cinq dimensions à l’échelle de l’école. Ces dimensions conjuguées, les unes aux autres, s’intègrent en un tout dont dépend l’obtention des résultats. Voici une synthèse sur base d’un manuel proposé par l’ULiège (2020).
(Photographie : J.Wesley Brown)




Dimension 1 : Définir des attentes en matière de comportement à l’échelle de toute l’école sur base de valeurs communes


La mise en œuvre du soutien au comportement positif est un défi qui concerne l’ensemble de l’équipe éducative au sens large (direction, enseignants, éducateurs…). 

Les missions de l’école envers tous ses élèves sont définies tant sur le plan des comportements que des apprentissages. L’ensemble de l’équipe éducative d’une école s’aligne et s’accorde sur base d’un travail de réflexion concernant les valeurs, les comportements, le renforcement et les conséquences :
  • Sur le plan des comportements, un enseignement explicite du comportement est délivré à tous les élèves de toutes les classes. Il prend en compte une analyse préalable des données relatives aux comportements inappropriés à modifier. 
  • Sur le plan des apprentissages, un ensemble de procédures et de stratégies favorisant des temps d’enseignement de qualité sont élaborées au moment de la préparation du soutien au comportement positif.
Toutes les procédures définies puis mises en œuvre visent à garantir un environnement d’apprentissage positif, prévisible et sécurisant pour les élèves. L’enjeu est que ces derniers puissent évoluer dans le cadre d’un climat scolaire qui soutient pleinement leurs apprentissages. 



Dimension 2 : Assurer une prévention par un système de soutien à trois niveaux croissant en intensité


Le soutien au comportement positif se fonde sur le système de soutien à différents niveaux, également appelé réponse à l’intervention. Ce modèle s’illustre par une pyramide d’intervention qui se présente selon trois niveaux :

La mise en œuvre du niveau 1 peut prendre deux ans. Celle du niveau 2 et 3 est ultérieure, car ils nécessitent la présence préalable du niveau 1 fonctionnel.

Niveau 1 : 
  • Le système se met d’emblée en place à l’échelle de l’école. On parle de niveau de prévention universelle. Il concerne l’ensemble des élèves et du personnel. 
  • Il se fonde sur des stratégies efficaces de prévention des comportements problématiques mobilisées par le personnel. 
  • En définissant des attentes claires pour tous, la probabilité que des comportements inappropriés se manifestent diminue. 
  • Le nombre d’élèves qui exprime des problèmes de comportement diminue.

Niveau 2 : 
  • Le niveau 2 comprend des interventions concernant des élèves qui, malgré la mise en place du niveau 1, continuent à avoir besoin de davantage de soutien en matière comportementale. 
  • Les élèves présentant les mêmes profils sont rassemblés en groupes réduits pour des interventions similaires qui prennent la forme d’un soutien plus ciblé et intensif. 

Niveau 3 : 
  • Le niveau 3 concerne des élèves qui n’ont pas réagi positivement aux interventions de niveau 1 et 2. 
  • Ces élèves continuent à démontrer des comportements problématiques de manière intensive et répétitive. Des plans de prise en charge individuelle et multidisciplinaire leur seront proposés.



Dimension 3 : Enseigner explicitement les comportements attendus et fournir une rétroaction positive spécifique


Les comportements attendus, qui ont été définis sur base des valeurs déterminées pour l’école, sont enseignés explicitement à l’ensemble des élèves. 

Cet enseignement s’accompagne verbalement d’une rétroaction positive spécifique ou d’un
renforcement positif lorsque des élèves sont en voie d’adoption des comportements attendus à l’école.

Si les comportements sont enseignés, cela s’accompagne de beaucoup de rétroaction positive spécifique vers les élèves pour les encourager à progresser et à maintenir les comportements qu’ils ont appris. L’enjeu est de développer des routines qui correspondent à de bonnes habitudes. Les volets liés à l’enseignement explicite et à la rétroaction positive spécifique sont indissociables.

Le renforcement verbal est susceptible d’être aléatoirement couplé à un renforcement tangible sur la base d’une moyenne de 4 pour 1 (4 renforcements verbaux pour 1 renforcement tangible). 



Dimension 4 : Prise de décisions sur base de récolte de données


Pour guider et objectiver les décisions liées tant à la mise en place du soutien au comportement positif qu’à sa régulation, des données sont régulièrement récoltées. 

Les décisions se prennent sur base d’une analyse des données avec une volonté d’objectiver. Il y a la volonté de ne pas prendre des décisions sur des élèves en particulier et sur des besoins comportementaux sur la base d’un avis subjectif ou de rumeurs. En nous basant sur des données, nous pouvons apporter un soutien plus adéquat pour ces élèves.

La collecte de données se passe trois niveaux : 

Premièrement, des collectes de données sont organisées dès le début de la préparation de la mise en place pour objectiver les comportements inappropriés référencés subjectivement par les enseignants. 

Avant d’être traités, les problèmes doivent être évalués, estimés et analysés sur base de données objectives. Avant de mettre en place une intervention, il est nécessaire de mesurer la fréquence et les caractéristiques des occurrences des comportements problématiques visés. Cette démarche permet de vérifier la justification de l’intervention. 

Deuxièmement, les mêmes types de données sont récoltés une fois le soutien au comportement positif mis en place. L’objet est de vérifier l’efficacité des interventions sur la diminution des comportements inappropriés et procéder éventuellement à des ajustements. 

Troisièmement, ce sont ces mêmes récoltes de données ayant trait aux comportements problématiques qui permettront de déterminer si l’élève répond à la prévention universelle ou a besoin d’une intervention d’un niveau d’intensité plus ciblé. 



Dimension 5 : Un partenariat avec les parents et une coopération avec les autres services liés à l’école


L’enjeu est que la cohérence visée par la mise en œuvre du soutien au comportement positif s’étende plus largement qu’à l’équipe éducative de l’école. 

Les parents sont les partenaires privilégiés de l’école. Le personnel de l’école communique et explique le cadre du projet aux parents. Les parents sont informés brièvement des éléments concrets du soutien au comportement positif et des principes généraux dans le but de renforcer le lien entre l’école et la famille. L’idée est de viser à renforcer la cohérence entre les règles que les élèves rencontrent dans leurs milieux de vie principaux. 

Il ne faut pas arriver auprès des familles en leur annonçant que telle ou telle sanction était prise pour leurs enfants en raison de certains comportements. Les parents sont vus comme de vrais partenaires à rencontrer pour chercher des solutions ensemble dans la perspective d’une coopération. C’est un aspect qui n’est pas toujours facile à mettre en œuvre. 

Par ailleurs, les personnes intervenant de manière régulière dans l’école peuvent renforcer l’harmonisation des pratiques si elles sont tenues informées des changements que l’équipe éducative a entrepris. 



 




Domaine d’action 1 : Améliorer les pratiques à l’échelle de l’école


Le soutien au comportement inclut :
  • L’évaluation de l’état actuel et des besoins de l’école en matière de gestion des comportements et de sécurité, qui permet de fixer des objectifs.
  • La mise en œuvre de stratégies pour améliorer la cohérence et l’efficacité de la gestion du comportement dans l’école
  • L’atteinte d’une cohérence des pratiques et des procédures liées à la gestion du comportement dans chaque classe et à l’échelle de l’école
  • Le développement d’un plan pour sélectionner et enseigner explicitement les règles scolaires et les attentes comportementales : 
    • Celles-ci sont peu nombreuses, formulées clairement et positivement pour mieux guider les élèves et les enseignants.
    • Ces comportements attendus doivent être enseignés explicitement et rappelés régulièrement aux élèves afin d’assurer leur respect dans le temps
  • Le développement d’un plan pour superviser activement l’ensemble des élèves dans tous les lieux communs tels les couloirs, réfectoire et cour de récréation. 
  • La récolte de données pour améliorer continuellement le dispositif et partager les réussites avec tous les membres du personnel de l’école
  • La formation et l’acquisition de pratiques de gestion efficaces par le personnel en école.
  • La perception que l’amélioration de la gestion du comportement est un processus continu et collectif.



Domaine d’action 2 : Améliorer l’efficacité des pratiques de classe


Le soutien au comportement inclut :
  • La diminution de la fréquence des comportements inappropriés et l’obtention et le maintien de l’attention et de l’engagement des élèves en classe, par des démarches de prévention au moyen de stratégies comportementales efficaces.
  • L’enseignement explicite de routines, d’attentes comportementales et de compétences sociales pour les élèves.
  • La distribution d’une rétroaction positive spécifique ou corrective. Les élèves bénéficient d’encouragements clairs et cohérents.
  • L’encouragement et le soutien des comportements coopératifs, respectueux et responsables entre élèves.
  • L’utilisation d’un système pour récompenser et maintenir les comportements attendus à l’école.



Domaine d’action 3 : Améliorer le système de soutien individualisé des élèves


Le soutien au comportement inclut :
  • Au niveau 3, la possible évaluation objective des raisons d’un comportement inapproprié chez un élève et le développement un plan de soutien positif et individualisé
  • Une réponse efficace au harcèlement et aux comportements inappropriés au milieu scolaire pouvant mener à des phénomènes d’escalade
  • Le fait d’enseigner aux élèves à gérer leurs comportements et leurs apprentissages. 



Domaine d’action 4 : Collaborer efficacement avec tous les parents


Le soutien au comportement inclut :
  • Le développement des stratégies positives de communication avec les familles. Il est important d’informer les familles des procédures à l’échelle de l’école et de la classe.
  • La collaboration avec les parents pour soutenir les comportements positifs aussi bien à la maison qu’à l’école. Les parents sont des partenaires privilégiés pour promouvoir la réussite des élèves.



Bibliographie


Ariane Baye, Valérie Bluge, Caroline Deltour, Aurore Michel et Fabian Pressia, La méthode du Soutien aux Comportements Positifs niveau 1, Manuel pour la mise en place du niveau 1, 2020, 

0 comments:

Enregistrer un commentaire