samedi 19 août 2023

Facteurs de réussite et d’échec d’un élève au sein d’un établissement scolaire

Quels sont les facteurs au niveau de l’élève qui peuvent influer sur sa réussite d’une manière positive et négative ? Une synthèse d’une recherche de Stewart (2008).

(Photographie : Matt Nighswander)



Facteurs individuels et structurels


La recherche a mis en évidence qu’une variété de variables individuelles et structurelles de l’école ont une incidence positive sur la réussite scolaire des élèves : 
  • L’engagement dans les tâches scolaires
  • La participation à la vie scolaire
  • Le sentiment d’appartenance à l’école
  • Le climat scolaire

Nous pouvons distinguer deux types de facteurs, liés aux individus ou liés aux structures, pour expliquer les résultats scolaires. Le processus par lequel cet effet se produit est souvent décrit comme complexe.

L’effort des élèves en matière de réussite ou d’accomplissement scolaires se caractérise par le niveau d’attachement, d’implication et d’engagement scolaire dont ils font preuve. L’effort fourni par les élèves contribue à leur réussite et à leur rendement scolaire. La quantité d’efforts que les élèves consacrent à leur scolarité a une incidence sur leurs résultats scolaires.

Les écoles exercent leur influence sur l’attachement, l’engagement, la participation et, surtout, les résultats scolaires de leurs élèves grâce à leurs ressources et à leur climat.
Les écoles influencent le développement scolaire et social de leurs élèves.

Les écoles peuvent influer sur leurs résultats scolaires, par leur structure, leur personnel, leur organisation, leurs ressources et leur climat. 

L’étude des caractéristiques individuelles et des caractéristiques structurelles de l’école qui influencent la réussite scolaire est importante, car les élèves passent beaucoup de temps à l’école. Par conséquent, les écoles et les activités liées à l’école jouent un rôle clé dans la socialisation des enfants et servent de cadre social principal pour les élèves. 



Importance des prédicteurs individuels sur la réussite scolaire


Dans le cadre d’une étude portant sur 12 000 élèves de 15-16 aux USA, Endya B. Stewart (2008) a examiné dans quelle mesure les variables structurelles au niveau individuel et scolaire sont des prédicteurs de la réussite scolaire.

Comme nous allons le détailler, les résultats de l’étude montrent que les prédicteurs au niveau individuel jouent un rôle important dans l’amélioration des résultats des élèves.

Ces prédicteurs au niveau individuels sont principalement :
  • Les efforts consentis par les élèves
  • Les discussions entre parents et enfants sur l’importance de l’école
  • Les associations avec des pairs positifs 

Les caractéristiques structurelles de l’école se sont avérées avoir des effets relativement plus faibles sur les résultats des élèves par rapport aux caractéristiques au niveau individuel.

Cependant, un prédicteur net au niveau de l’école est le climat de l’école dans ses différentes dimensions. C’est par exemple le sentiment d’appartenance ressenti par les élèves, les enseignants et la direction. Il joue un rôle significatif dans la réussite des élèves.



L’appartenance scolaire


L’appartenance scolaire fait référence aux sentiments des élèves à l’égard de leur école ou à leur intégration dans celle-ci. Elle est positivement liée aux résultats scolaires.

Les élèves qui se sentent plus attachés ou intégrés à leur école font plus d’efforts. 

Endya B. Stewart (2008) a montré dans son étude que l’attachement à l’école et l’engagement scolaire ont été associés de manière significative à la réussite scolaire. Cela suggère que les élèves qui ressentent un sentiment d’appartenance et montrent des signes d’engagement envers l’école et le travail scolaire ont des moyennes supérieures :
  • Les élèves qui se soucient de leurs enseignants et de leurs amis et se sentent soutenus par eux sont plus susceptibles de développer des liens affectifs avec l’école et d’afficher un comportement socialement acceptable.
  • Les élèves ayant des objectifs éducatifs bien définis, qui investissent davantage d’efforts et affichent des aspirations plus élevées en matière de statut social, peuvent être plus engagés dans le processus éducatif global.



L’implication dans des activités extrascolaires liées à l’école


Les recherches sur les relations entre la participation scolaire ou extrascolaire des élèves et la réussite scolaire ont fait état de relations à la fois significatives et non significatives.

Un certain nombre d’études ont démontré une association entre l’implication des élèves dans les activités extrascolaires à l’intérieur de l’école et leurs résultats scolaires. La participation à des activités extrascolaires pourrait être associée à des niveaux de réussite plus élevés. Les élèves concernés développeraient des sentiments positifs accrus envers leur école.

Dans son étude, Endya B. Stewart (2008) n’a pas montré de liens significatifs, entre la participation des élèves à des activités extrascolaires liées l’école et leurs résultats scolaires. 

Pour expliquer ce résultat non significatif, il est possible que la participation des élèves à des activités extrascolaires détourne du temps et de l’énergie du temps scolaire précieux ou des activités destinées à améliorer les résultats des élèves.

Comme il existe différents types d’activités extrascolaires, toutes les formes de participation à ces activités ne sont pas forcément égales et les élèves ne tirent donc pas les mêmes avantages de leur participation. Par conséquent, il s’agit d’un facteur à nuancer.



Les associations de pairs 


Les groupes de pairs ont été cités dans la recherche comme étant importants pour le développement des adolescents. Des recherches ont montré que les groupes de pairs exercent une grande influence sur la façon dont les élèves envisagent leur réussite. En outre, il est possible que les pairs exercent une plus grande influence lorsqu’ils sont des amis ou des connaissances proches.

Il est nécessaire de tenir compte du contexte du groupe de pairs comme un facteur important de la socialisation, de la motivation et des résultats des adolescents. 

Les relations significatives (ou positives) avec les pairs sont censées promouvoir les compétences psychologiques et les aptitudes à la vie quotidienne des élèves et peuvent être liées aux résultats scolaires et à la motivation.

Certains groupes de pairs exercent une pression négative sur ceux qui excellent sur le plan scolaire. La pression négative des pairs peut contribuer à décourager les élèves de se conformer à des valeurs, des attitudes, des croyances et des comportements qui augmentent les performances. Par exemple, la désapprobation sociale ou la pression négative des pairs dont souffrent certains élèves peut conduire à l’abandon scolaire.

Les conclusions relatives aux relations avec les pairs et à la réussite scolaire sont variées et complexes. Les relations entre pairs remplissent des fonctions variées dans la vie scolaire des adolescents. Ces relations pourraient être particulièrement influentes dans la promotion et l’application d’ensembles de normes et de valeurs qui peuvent soit compromettre soit faciliter la réussite scolaire. 

Il apparait que les adolescents qui s’associent à des pairs positifs sont plus susceptibles de prendre en considération les réactions négatives de leurs pairs avant d’agir. Ils sont moins susceptibles d’adopter des comportements qui ne favorisent pas la réussite scolaire. Selon la recherche, le fait d’avoir des relations avec des pairs positifs qui soutiennent la réussite scolaire devrait influencer positivement les résultats des élèves.

Dans son étude, Endya B. Stewart (2008) a montré que les associations positives avec les pairs ont été associées de manière significative à la réussite scolaire. En s’associant à des amis qui apprécient l’éducation et qui sont engagés dans des poursuites scolaires, les adolescents créent des liens avec l’école et se conforment aux idéaux qui y sont associés. En outre, les pairs positifs fournissent des points de référence importants aux élèves et les aident à investir dans leur éducation.



Implication des parents face à l’école


Un nombre croissant de recherches montrent que les élèves obtiennent de meilleurs résultats scolaires lorsque les parents participent à la scolarité de leur enfant. 

Dans l’ensemble, la recherche a montré que les parents jouent un rôle déterminant dans la réussite scolaire de leurs enfants. La participation des parents a un impact positif sur les résultats des élèves.

En règle générale, la participation des parents comprend en compte la participation aux rencontres organisées avec les enseignants de leurs enfants et la participation à des activités scolaires, telles que des journées portes ouvertes et des activités sociales. 

Les contacts intermittents avec les enseignants et le suivi du travail et des résultats scolaires de leur enfant à la maison font partie également de l’implication. Toutes ces démarches permettent aux parents de recevoir un retour d’information sur les résultats scolaires de leur enfant et sur ses capacités d’autorégulation.

Dans son étude, Endya B. Stewart (2008) a montré que les discussions entre parents et enfants étaient associées de manière significative aux résultats scolaires. Cela suggère que l’engagement des parents dans une discussion liée à l’éducation avec leurs enfants est un outil efficace pour améliorer les résultats scolaires des élèves. Cette forme d’implication des parents dans la vie scolaire des élèves est cruciale pour promouvoir leur réussite. La discussion entre parents et élèves, pertinente sur le plan scolaire, s’est avérée influente. La relation attendue entre la participation des parents à l’école et les résultats scolaires des élèves n’a pas été corroborée par les analyses. Beaucoup plus de formes d’activités éducatives parentales ont lieu à la maison avec les enfants. Par conséquent, l’implication des parents à l’école a peut-être été considérée comme moins efficace qu’à la maison.



Variables familiales indépendantes liées aux élèves


Certains facteurs propres aux élèves ne sont pas modifiables par des interventions à l’échelle de l’école. 

Dans son étude, Endya B. Stewart (2008) a montré que le statut socio-économique de la famille, la structure familiale et l’origine ethnique étaient associés de manière significative à la réussite scolaire. 

Plus précisément, les élèves issus de familles de statut socio-économique élevé et de familles biparentales ont un niveau de réussite scolaire plus élevé que les élèves issus de familles de statut socio-économique faible et de familles monoparentales. De plus, les élèves qui ont été classés comme minoritaires ont des niveaux de réussite inférieurs à ceux de leurs homologues blancs. Le sexe n’a pas été montré comme significativement lié à la réussite scolaire.



Le climat scolaire


Le climat scolaire est une donnée essentielle. Il facilite ou limite l’enseignement en classe et l’apprentissage des élèves. Le climat scolaire reflète la perception qu’ont les élèves de l’impact de l’environnement scolaire sur leur propre bien-être.

Lee et Bryk (1989) ont constaté qu’un climat scolaire sûr et ordonné est associé à des résultats scolaires plus équitables entre les élèves blancs et les élèves de couleur ou les élèves non blancs. 

Rumberger et Palardy (2005) ont conclu que les rapports des élèves sur les perturbations en classe (une de leurs mesures du climat scolaire) avaient un impact négatif sur l’apprentissage des élèves. Ils ont en outre mentionné que les écoles dans lesquelles les élèves estimaient que la discipline était juste avaient des taux d’absence plus faibles. La proportion d’élèves qui ne se sentaient pas en sécurité avait un effet positif sur les taux d’abandon et d’absence scolaires. Cela signifie que les taux d’abandon et d’absence scolaires étaient plus élevés.

Le climat scolaire peut être analysé selon deux dimensions : 
  • La culture de l’école
  • Le milieu social de l’école. 




Le milieu social de l’école


Le milieu social d’une école fait référence aux caractéristiques de fond des élèves, des enseignants et des membres de la direction. Ce sont notamment l’origine ethnique, le sexe, le statut socio-économique, ainsi que l’expérience et la formation des enseignants. 

Ces facteurs façonnent les valeurs, les croyances, les attitudes et les comportements des élèves en ce qui concerne les résultats et le niveau d’instruction.

L’emplacement physique de l’école est également important. L’emplacement de l’école (urbaine, suburbaine ou rurale) a été associé à la réussite des élèves (Rumberger & Palardy, 2005). 

Les écoles des communautés urbaines, pauvres et désorganisées connaissent davantage de problèmes scolaires que les écoles des communautés rurales ou suburbaines, riches et organisées (Gottfredson, 2001). 

De même, le statut socio-économique des élèves de l’école dans son ensemble a été lié à la réussite scolaire. Le statut socio-économique d’une école affecte les niveaux de ressources humaines, physiques et fiscales disponibles pour l’éducation des élèves. Plusieurs études ont suggéré une relation entre les faibles résultats scolaires et la pauvreté scolaire (Myers, Kim et Mandala, 2004). 



La culture scolaire


La culture scolaire se concentre sur les croyances, valeurs, attitudes et diverses formes d’interaction non écrites entre les élèves, les enseignants et la direction.

La culture d’une école est importante parce qu’elle peut affecter l’apprentissage et le comportement des élèves. En outre, la culture de l’école peut également affecter le sentiment d’appartenance des élèves qui représente la mesure dans laquelle les élèves se sentent acceptés, respectés et soutenus dans les écoles. Le sentiment d’appartenance des élèves influence leur réussite scolaire.

Dans son étude, Endya B. Stewart (2008) a montré que la cohésion scolaire est significativement liée à la réussite scolaire. Les élèves qui fréquentent des écoles offrant un environnement favorable et accueillant ont des résultats scolaires nettement supérieurs, comme le pensent les élèves, leurs parents, les enseignants et les responsables scolaires.

Dans son étude, Endya B. Stewart (2008) a pris en compte les prédicteurs au niveau individuel tels que l’ethnicité et le statut socio-économique. Dès lors, la concentration des problèmes sociaux, la proportion de non-blancs et la pauvreté dans une école, ainsi que l’emplacement et la taille de l’école, n’ont pas de rapport significatif avec le rendement moyen. Cette étude suggère que les maux éducatifs généralement associés aux grandes écoles urbaines et minoritaires sont atténués par un environnement scolaire cohésif. 

Les contextes scolaires dans lesquels il y a une grande coopération entre les enseignants et la direction, un soutien aux élèves et des attentes claires quant à la mission de l’école ont un impact positif. Celui-ci semble se traduire par des niveaux de réussite plus élevés, indépendamment des maux sociaux de l’école. Les résultats actuels, associés à d’autres constatations, suggèrent que le climat de l’école est extrêmement important pour la réussite des élèves.



Bibliographie


Stewart, E. B. (2008). School Structural Characteristics, Student Effort, Peer Associations, and Parental Involvement: The Influence of School- and Individual-Level Factors on Academic Achievement. Education and Urban Society, 40(2), 179–204. https://doi.org/10.1177/0013124507304167

Lee, V. E., & Bryk, A. S. (1989). A multilevel model of the social distribution of high school 
achievement. Sociology of Education, 62, 172-192.

Rumberger, R. W., & Palardy, G. J. (2005). Test scores, dropout rates, and transfer rates as 
alternative indicators of high school performance. American Educational Research Journal, 42, 3-42.

Gottfredson, D. C. (2001). Schools and delinquency. New York: Cambridge University Press.

Myers, S. L., Jr., Kim, H., & Mandala, C. (2004). The effect of school poverty on racial gaps 
in test scores: The case of the Minnesota Basic Standards Tests. Journal of Negro 
Education, 73(1), 81-98.

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