vendredi 13 janvier 2023

Influences et limites du béhaviorisme

Quelles sont les spécificités, les limites et les influences du béhaviorisme ?

(Photographie : flatman)





Spécificité du béhaviorisme


Le béhaviorisme a été l’une des premières théories en psychologie à se concentrer explicitement sur l’apprentissage plutôt que sur l’intelligence. 

Selon les béhavioristes, ce sont essentiellement des facteurs externes qui sont à l’origine de notre comportement. 

L’apprentissage, selon les béhavioristes, est quelque chose que les gens acquièrent en réponse à des stimuli externes. L’apprentissage dans la perspective du béhaviorisme met l’accent sur le changement de comportement comme principal résultat du processus d’apprentissage. 



Limites au béhaviorisme


Bien que le béhaviorisme garde une influence réelle, il a fini par être considéré comme beaucoup trop limité, insuffisant et restrictif pour rendre compte de manière adéquate de la complexité de l’apprentissage et des comportements humains. 

L’idée selon laquelle l’apprentissage se produit uniquement en réaction à des stimuli externes s’est révélée fausse. Des activités telles que la reconnaissance ou le tri d’objets et le stockage d’informations sont clairement des activités mentales.

Bien qu’un stimulus externe (la perception d’un objet) soit bien sûr toujours présent, la théorie béhavioriste ne peut rendre compte du traitement de l’information qui se produit lorsque nous sommes confrontés à des stimuli. 

Le béhaviorisme ne peut pas non plus rendre compte des types d’apprentissages qui se produisent sans renforcement. En particulier, la façon dont les enfants acquièrent des modèles de langage ne peut être expliquée à l’aide d’un cadre béhavioriste. 

Le béhaviorisme pose également des problèmes lorsque l’apprenant est confronté à de nouvelles situations dans lesquelles les stimuli mentaux auxquels il a appris à répondre ne sont plus présents. 

Le fait que le béhaviorisme n’étudie pas la mémoire de manière significative et ne parle que de l’acquisition d’habitudes est un autre problème majeur si nous voulons expliquer l’apprentissage dans sa globalité.

Si nous voulons vraiment comprendre comment les gens apprennent, nous devons examiner ce qui se passe à l’intérieur du cerveau, ainsi que mesurer les réactions aux stimuli externes.

Une autre difficulté est que le béhaviorisme fait peu de place au rôle du libre arbitre et de l’individualité humaine. Ce n’est jamais un point de vue populaire.



Influences du béhaviorisme


Le fait de ne pas aimer certains résultats de recherche ne signifie pas qu’ils sont faux, et le rôle de la recherche et de la science n’est pas de nous dire simplement ce que nous voulons entendre. 

Si le modèle théorique du béhaviorisme montre clairement ses limites, cela ne signifie pas qu’il est totalement inexact et qu’il n’est pas pertinent dans toute une série de situations. 

Nous aimions toujours croire que nous pouvons être entièrement libres. Cependant, nos comportements peuvent dans une certaine mesure être prédits et dans certains cas par des modèles comportementaux. 

De plus, une part large de nos comportements est fondée sur des habitudes et des routines. 

L’utilité continue des méthodes comportementales dans l’enseignement, telles que l’utilisation du renforcement positif, atteste de cette vérité. 

De plus, la plupart des chercheurs et des psychologues de la tradition béhavioriste, comme Bandura (1985), ont élargi leur vision de l’apprentissage pour y inclure les attentes, les pensées, la motivation et les croyances.



Bibliographie


Daniel Muijs, David Reynolds. (2018). Effective Teaching. Sage

Bandura, A. (1985). Social Foundations of Thought and Action: A Social Cognitive Theory. Englewood Cliffs, NJ: Prentice-Hall.

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