dimanche 20 mai 2018

Qu'est-ce que la plasticité cérébrale? Qu'implique-t-elle pour l'enseignement?

Le cerveau change avec le temps car l’on se constitue continuellement de nouveaux souvenirs, de nouvelles connaissances. L’apprentissage modifie l’architecture fonctionnelle du cerveau durant toute la vie. Les chercheurs en neurosciences appellent les changements dans la performance et les connaissances du cerveau la plasticité. 

(photographie : Aaron Bloom)


Héritage de notre évolution, la plasticité permettra la plupart du temps l'expression d'un nouveau comportement mieux adapté aux exigences du milieu. Donc plus susceptible de préserver la structure de l'organisme et d'améliorer ses chances de survie.

La plasticité représente cette capacité que possède le système nerveux à se remodeler sous l’effet de sa propre activité. Elle n’est pas un processus illimité mais soumis à différentes limites.

Tous les êtres humains ont une organisation cérébrale similaire et cette organisation donne certaines contraintes à la manière dont les enseignants organisent leurs pratiques. Tout en permettant une certaine diversité d’approches, elle permet d'envisager leur optimisation.

La diversité pédagogique s'inscrit dans la capacité du cerveau à faire preuve d’une grande plasticité qui va s’adapter à l’environnement éducatif qui lui est proposé. Le cerveau humain est capable d'apprendre dans différents contextes, mais rien n'indique que différents contextes dans lesquels de mêmes informations sont présentées mènent toutes à des changements durables et équivalents du cerveau. 


La plasticité cérébrale à travers les mécanismes d’apprentissage du cerveau détermine ce qu’un élève peut apprendre. 

Le cerveau est formé d'un ensemble de circuits neuronaux connectés entre eux. Les circuits neuronaux sont constitués d'un certain nombre de neurones qui communiquent entre eux par des jonctions particulières appelées synapses. Une bonne partie du remodelage du système nerveux, relié à la plasticité, a lieu aux synapses. 



Les synapses sont des connexions à sens unique entre neurones qui relient l’axone d’un premier neurone, émetteur du message nerveux à la dendrite d’un second neurone qui fait office de récepteur. Les axones peuvent être très longs (jusqu'à 1 m chez l'homme pour les plus longs). 

(source)

Dans un neurone on peut identifier quelques milliers de synapses qui atterrissent sur des épines dendritiques dont la taille et la forme sont fonction de l’efficacité de la connexion d’un neurone à un autre. 



(source)

L’apprentissage découle de la formation de nouvelles synapses ou de changements dans la communication entre les synapses existantes. 


(source)

Deux formes de plasticité cérébrale


Elles seront explorés dans les articles suivants: 

1. La plasticité structurelle ou anatomique

• Elle est sous l’influence du patrimoine génétique et de l’environnement (chimique, physique, social).

Elle est plus importante au cours des premiers années de la vie et pendant l’adolescence. 


2. La plasticité fonctionnelle : 

Elle concerne le raffinement des connexions, leur stabilisation, la mise en avant de certaines par rapport à d’autres. 

Elle continue toute la vie sous la pression de l’expérience, bien qu’en prenant toujours en compte la structure du cerveau sur laquelle l’expérience agit.

Implications pour l'enseignement


En tant qu’enseignant, Il est utile si l'on vise l'efficacité :

1) de disposer d’un bon modèle mental de ce qui se passe dans le cerveau de l'élève et comprendre l’organisation innée du cerveau
2) de prendre en compte la manière dont la plasticité du cerveau permet l’apprentissage et impose des limites

3) d’optimiser l’organisation de l’enseignement en fonction des contraintes que les deux premiers points imposent.

L'idée d'une prise en compte de la plasticité n'est pas de céder à la mode des neurosciences, ni de tomber dans de nouveaux mythes, mais d'avoir une approche mesurée et équilibrée qui tient compte des résultats probants de la recherche.

Ces modèles n'impriment pas, ni n'enferment nos pratiques, - les neurosciences ne sont pas une pédagogie - mais les informent sur leurs degrés de liberté réels. Ils peuvent nous aider à mieux comprendre et interpréter l'efficacité ou les limites de certains choix pédagogiques, déjà mis en évidence par la recherche en éducation.


Bibliographie

Dortier, Jean-François, La plasticité, une adapation permanente, Sciences Humaines, Hors-série n°4, Decembre 2011 : https://www.scienceshumaines.com/la-plasticite-une-adaptation-permanente_fr_27967.html
Pasquinelli, Elena, Le cerveau se modifie: maturation, développement, plasticité et apprentissage, 2016, https://www.fondation-lamap.org/fr/page/34321/le-cerveau-se-modifie-maturation-developpement-plasticite-et-apprentissage

Campbell, Neil & Reece, Jane , Biologie 9ème édition, Pearson, 2012

La Plasticité des réseaux de neurones  http://lecerveau.mcgill.ca

Gerrig, Richard & Zimbardo, Philip, Psychologie, 18ème édition, Pearson, 2013

Stanislas Dehaene « Éducation, plasticité cérébrale et recyclage neuronal » Collège de France
06 janvier 2015 09:30 11:00 https://www.college-de-france.fr/site/stanislas-dehaene/course-2015-01-06-09h30.htm

Élagage synaptique. (2018, mai 11). Wikipédia, l'encyclopédie libre. Page consultée le 21:46, mai 11, 2018 à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=%C3%89lagage_synaptique&oldid=148359259.

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