lundi 28 août 2017

Pourquoi l'auto-efficacité est une élément central du progrès scolaire d'un élève! (partie 2 :facteurs généraux influençant l'auto-efficacité)

Après cette introduction, passons en revue les familles de facteurs qui déterminent et influencent l'auto-efficacité : 





Le jugement d’auto-efficacité d’une personne repose sur :


1.     L’appréciation personnelle de ses expériences antérieures.
a.     Les succès construisent une solide auto-efficacité tandis que les échecs la minent.
b.     Toutefois, pour ceux qui disposent d'une bonne auto-efficacité, les revers et difficultés peuvent être bénéfiques, car ils enseignent que le succès nécessite généralement un effort soutenu. L’inverse est vrai aussi et ceux qui ont une auto-efficacité défaillante sont très susceptibles de baisser les bras ou de se laisser distraire au moindre accroc, à nouveau en référence à leurs expériences passées.
c.      Une manière de renforcer le sentiment d’auto-efficacité est de se définir des objectifs atteignables, de développer des stratégies raisonnables pour les atteindre et d’évaluer le feedback reçu de façon réaliste.
d.     Les expériences constituent en effet des souvenirs autobiographiques pour les individus, et elles peuvent donc être modulées par les processus mnésiques et évoluer, être réinterprétées à la lumière de nouvelles influences.
e.     Un souvenir d’échec n’aura pas le même impact négatif sur l’auto-efficacité si le rappel est fait à un niveau spécifique, en détaillant les circonstances exactes, ou en se limitant à des impressions globales, sans accentuer la dimension émotionnelle potentiellement bloquante.

2.     L’apprentissage social : Il s’agit de l’observation des performances d’autrui. C’est l’idée de l’apprentissage par observation, processus qui conduit l’individu à modifier son comportement d’après l’observation de celui d’autrui.
a.     L’observation permet en effet d’apprendre quels sont les comportements appropriés, ceux qui se trouvent récompensés, et ceux qui sont réprimés ou ignorés. En mettant à profit ses capacités de mémorisation et de réflexion vis-à-vis des évènements extérieurs, la personne se donne l’occasion d’entrevoir les retombées possibles de ses actions sans avoir à les subir concrètement. Elle peut acquérir un certain nombre de compétences, d’attitudes et de convictions en regardant simplement ce que font les autres et les conséquences qui en découlent.
b.     Ce sont les sujets dont les caractéristiques (âge, sexe, etc.) sont les plus proches des siennes qui sont les plus susceptibles d'être source d'information. Les élèves tirent une auto-efficacité plus élevée s'ils observent d'autres élèves (avec lesquels existe un certain degré de similitude, en termes d’âge, de genre, de niveau scolaire, de démarche de travail, différents facteurs qui facilitent le processus d’identification) que s'ils voient des adultes manifester les mêmes aptitudes cognitives. La même chose peut s’observer en cas d’échecs ou de difficultés. C’est la raison pour laquelle certains élèves comprennent mieux s’il se font expliquer une résolution d’exercice problématique par un autre élève plutôt que par l’enseignant.
c.      Le processus de comparaison sociale participe aussi. Le niveau de compétence perçue d’un apprenant reflète ainsi partiellement son niveau de performance par rapport aux autres membres de sa classe ou de son groupe de comparaison. Cet état des choses est particulièrement problématique pour les apprenants qui se situent dans le bas de la distribution des notes scolaires, puisqu’ils risquent de développer un sentiment d’efficacité plus faible entraînant lui-même une diminution de performance.

3.     La persuasion par autrui :
a.     Il est plus facile à quelqu'un de maintenir un sentiment d'efficacité, particulièrement quand il est confronté à des difficultés, si d'autres individus significatifs lui expriment leur confiance dans ses capacités.
b.     Cet effet se manifeste surtout si la personne a déjà de bonnes raisons de croire qu'elle est performante. Dans ce cas, les commentaires positifs de son entourage peuvent l'aider à fournir les efforts nécessaires pour réussir. Par contre, susciter des croyances irréalistes de capacités personnelles peut conduire à l'échec, ce qui discréditera le flatteur et sapera les croyances de la personne en ses capacités.
c.      Le sentiment d’efficacité scolaire peut aussi être influencé par les messages adressés à l’apprenant : soutiens, critiques, encouragements, conseils, attentes, etc. Les individus sont sensibles à la perception de leur compétence qu’ont leurs parents, leurs pairs et leurs formateurs, et leur propre évaluation reflète en partie ces perceptions. Ces perceptions sont communiquées de façon verbale, mais aussi non verbale. Des études indiquent par exemple que les enseignants manifestent, souvent sans en être conscients, leurs attentes vis-à-vis des élèves à travers différents canaux. Ces canaux sont l’attention qu’ils leur portent, la manière de les regarder et de leur parler, la façon de les regrouper, la difficulté des tâches qu’ils leur assignent, le degré d’autonomie qu’ils leur accordent, etc. La forme, de même que le fond du feedback a une incidence non négligeable sur la compétence perçue de l’apprenant à qui il s’adresse.

4.     L’état physiologique et émotionnel :
a.     Les caractéristiques individuelles interviennent dans l’auto-efficacité.
b.     Lorsqu’une tâche suscite un état émotionnel négatif tel que l’anxiété, elle suggère un faible espoir d’efficacité et peut amener à douter de ses capacités à la mener à bien et conduire à l’échec, au contraire une tâche qui suscite l’enthousiasme et la mobilisation indique l’attente d’un succès.
c.      Une personne se base en partie sur l'information transmise par son état physiologique et émotionnel pour évaluer ses capacités. Les indices que fournit le corps sont particulièrement pertinents dans la santé, les activités physiques et la gestion du stress.
d.     Les techniques qui permettent de réguler les réactions émotionnelles élèvent les croyances en l'efficacité de gestion du stress, et provoquent les améliorations correspondantes de performance.

L’auto-efficacité se construit à travers ces quatre facteurs et influence:

1.     L’accroissement de la motivation et de la mobilisation cognitive.
2.     La maîtrise de l’environnement et l‘intégration au sein de celui-ci.

3.     L’amélioration des performances.

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