dimanche 23 juillet 2017

Pour un usage immodéré de l'évaluation formative! (partie 2 : interactions, erreurs, objectifs explicites et diversité d'approches)

Suite de l'exploration de la question avec l'importance de l'interaction,  le rôle de l'erreur et l'importance d'une définition explicite des objectifs et d'approches qui tiennent compte de la diversité des niveaux en classe. (à suivre)



Des axes fondamentaux :

1.   Instauration d’une culture de classe qui encourage l’interaction et l’utilisation d’outils d’évaluation formative.
a.     L’évaluation formative fait partie intégrante du processus d'apprentissage et se situe à tous les stades de celui-ci; elle en devient indissociable. 
b.     Il est important de sécuriser les élèves pour que ceux-ci osent prendre des risques et faire des erreurs en classe. Les élèves qui ont suffisamment confiance en eux pour prendre des risques ont plus de chances de révéler ce qu’ils comprennent et ce qu’ils ne comprennent pas. L’évaluation formative reconsidère le statut de l’erreur qui devient un critère clé de progression de l’apprentissage en permettant l’identification des éléments précis sur lesquels prêter effort :
                                               i.     Dans l’idée d’une acquisition sommative stricte des connaissances, les erreurs sont considérées que comme des « ratés » de l’apprentissage, symptômes d’une incompétence, et synonymes de fautes. L’erreur est source d’angoisse et elle génère une aversion spontanée. L’élève va renoncer à participer de peur de se tromper.
                                              ii.     Dans la perspective de l’évaluation formative, l’erreur est positive, elle est un passage obligé, un outil, elle fait partie de l’acte d’apprendre. Elle doit être analysée et traitée dans une approche différenciée: il s’agit de la transformer en tremplin pour, via médiations et remédiations, débloquer les démarches d’apprentissage. Un élève qui se trompe en classe est à ce titre plus intéressant qu’un élève qui ne se trompe pas, car il permet de déceler des facteurs d’erreurs dont le réajustement sera profitable à d’autres élèves également.
c.      Il faut attirer l’attention des élèves sur la maîtrise des tâches plutôt que sur la compétition entre eux et développer certaines compétences émotionnelles comme la conscience de soi, la maîtrise de soi, l’empathie, l’attention, la persévérance, la coopération et l’esprit critique. Les émotions ont une influence sur l’estime de soi et sur la motivation et, de là, sur la capacité de l’élève à réguler, de manière autonome, son apprentissage.
d.     Il faut tenir compte des différences individuelles et culturelles des élèves. L’évaluation formative est, en ce sens, un outil de différenciation dans la mesure où elle questionne l’enseignant sur les difficultés de chaque élève et l’amène à lui offrir ou proposer des pistes individualisées. Elle cherche l'adaptation à une situation individuelle.
e.     Il faut que l’enseignant laisse un certain partage des pouvoirs avec les élèves, pour négocier autour des problématiques mises en évidence par la rétroaction. L’évaluation formative est un outil de négociation entre enseignant et élèves, les inscrivant dans un processus d’interaction, dans le sens qu’elle permet d’affiner et de préciser les conditions du cours et les moyens à fournir par chacun pour mener à un meilleur apprentissage.
f.      Il faut favoriser l’utilisation d’outils d’auto-évaluation sur les pratiques, les méthodes d’étude, le bien-être, les attitudes vis-à-vis de l’apprentissage et leurs projets d’orientation, en induisant des pratiques réflexives et métacognitives. 

   2. Définition d’objectifs d’apprentissage et suivi des progrès individuels des élèves vers ces objectifs.
a.     Il faut préparer l’apprentissage des élèves et non plus seulement des activités. Subdiviser, reformuler ou regrouper les attentes du programme afin de créer des objectifs d’apprentissage adéquats, lisibles, structurants et progressifs.
b.     Les objectifs peuvent parfois être décomposés en sous-unités pour les élèves les plus faibles, ou sous forme de check-list présentant les critères, les compétences ou les qualités attendues d’un travail.
c.      Il est utile de trouver une forme de collaboration avec les élèves pour créer des objectifs d’apprentissage et des critères de réussite, et les intégrer au fur et à mesure des étapes d’apprentissage. Le fait de fixer des objectifs d’apprentissage et de suivre les progrès des élèves vers la réalisation de ces objectifs rend le processus d’apprentissage bien plus transparent. Les élèves n’ont pas à deviner ce qu’ils doivent faire pour réussir. Les enseignants les aident aussi à suivre leurs progrès et à prendre confiance en eux.
d.     L’évaluation formative passe également au travers d’une collection de données sur les apprentissages de l’élève, recueillies dans le cours même des activités d’enseignement.

3.   Utilisation de méthodes d’enseignement variées pour répondre aux besoins diversifiés des élèves.
a.     Il convient d’ajuster les méthodes pédagogiques aux besoins de la diversité des niveaux et tenir compte de différents styles émotionnels. Les élèves les plus vulnérables ont besoin d’aide, de soutien et d’attention pour développer leurs compétences émotionnelles et s’investir, il faut une dimension affective.

b.     Par cette diversification de l’approche, les enseignants s’efforcent d’aider les élèves à prendre confiance dans leurs compétences et leurs connaissances et dans leurs capacités à gérer eux-mêmes leur apprentissage.

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