lundi 3 février 2020

Pratique de récupération en classe : le « brain dump » ou « rappel libre »

Il s’agit d’une pratique aisée à mettre en place en classe. Elle se distingue du quiz dans la mesure où les questions sont ouvertes et non directement ciblées. Comme ce dernier, elle est susceptible d’avoir un impact significatif sur l’apprentissage des élèves.



(Photographie : Alexis Vasilikos


Le rappel libre est également connu en anglais, sous le nom de « brain dump », « show what you know » et « stop and jot ».



Procédure


  1. Faire une pause dans le cours, demander aux élèves de ranger leurs notes, de prendre une feuille et de quoi écrire
  2. Leur demander de noter individuellement tout ce dont ils se souviennent sur le tout ou sur une partie de la matière qui est en cours d’enseignement comme matière (cours actuel ou cours précédents sur le même sujet)
  3. Reprendre le cours là où il en est



Principes


L’exercice de récupération peut prendre 5 minutes ou moins. Il est utile de donner une durée limite pour répondre ou de limiter le nombre d’éléments à noter. Sans cela certains élèves auront fini en deux minutes tandis que d’autres risquent toujours d’être occupés à la tâche vingt minutes plus tard.

Il n’y a pas de gain à le transformer en une activité prolongée. Au cas où un élève cale complètement, l’enseignant peut lui donner spécifiquement l’un ou l’autre indice si cela lui permet de récupérer ensuite d’autres connaissances en mémoire.

Bien qu’il ne s’agisse pas de rappel indicé, dans ce cas-là on tomberait dans le format du quiz, il est utile d’être précis dans la question, de bien cerner le sujet. Sans cela les élèves risquent de s’embarquer sur des contenus parfois secondaires ou non pertinents.

Il s’agit également de signifier également aux élèves quelle optique prendre dans leur format de réponse (carte conceptuelle, liste structurée d’éléments, d’arguments, hiérarchie, etc.). Il est toujours plus intéressant qu’ils élaborent l’information plutôt que de fournir un texte en vrac, sans queue ni tête.

Suite à cette activité, on peut suggérer aux élèves de comparer leurs réponses entre eux durant une minute, puis donner oralement ce qui était attendu. Il peut être intéressant de projeter au visualiseur une copie particulièrement intéressante.

De même, on peut éventuellement procéder à une correction d’erreurs typiques ou faire une rétroaction aux élèves. Toutefois, le rappel libre reste une activité puissante en tant qu’activité indépendante même sans cela.

Le principe du rappel libre se rapproche de l’effet de non-spécification de but. Celui-ci a été mis en évidence dans le cadre de la théorie de la charge cognitive (voir article). Au lieu de poser des questions précises et finement délimitées, on demande simplement aux élèves de tout noter ce qu’ils connaissent sur un thème de matière donné. Cela permet aux élèves d’introduire plus d’éléments et de structurer une réponse selon un format logique. Cela leur permet de renforcer leurs schémas cognitifs et les associations autour d’un thème. Ils traitent et structurent l’information comme elle leur apparait sans se lancer dans la quête éperdue de la réponse.



Intérêts


La pratique permet aux enseignants et aux élèves de savoir ce qu’ils connaissent et ce qu’ils n’ont pas encore ou incorrectement assimilé.

Il ne faut pas utiliser cette activité pour évaluer les élèves. Il faut insister sur le fait qu’il s’agit d’une stratégie d’apprentissage et non d’une stratégie d’évaluation. Il s’agit d’un type de pratique de récupération.

L’avantage d’une utilisation régulière de cette technique est de démontrer aux élèves l’efficacité conjuguée de la pratique de récupération et de l’effet d’espacement. Les questions sont réparties dans le temps et peuvent être récurrentes. Les élèves constatent au fur et à mesure du processus qu’ils se rappellent des contenus sans consulter leurs documents.

Dès lors, il est primordial de ne pas se limiter à ce qui a été vu le jour même, mais dans un cours antérieur. De même, il est avantageux que la pratique et les contenus soient distribués dans le temps.

Un avantage sur la vérification de la compréhension est que tous les élèves récupérèrent pleinement, pas uniquement celui qui répond à la question. Dans le cas de la vérification de la compréhension, un seul élève fera en effet le traitement total de l’information, les autres ne l’auraient parfois qu’initié.

La recherche en psychologie cognitive montre que le rappel libre favorise :

  • L’apprentissage durable de connaissances préalables et nouvelles.
  • L’établissement de schémas cognitifs
  • La consolidation de connaissances de base comme d’apprentissages plus complexes
  • La capacité à faire des inférences, à discriminer et à transférer
  • La métacognition des élèves



Pour plus d’informations sur la pratique de récupération : voir articles



Bibliographie


Pooja K. Agarwal, Brain Dumps: A small strategy with a big impact, 2017,
https://www.retrievalpractice.org/strategies/2017/free-recall

Blake Harvard Growing a Brain Dump (2020) https://theeffortfuleducator.com/2020/01/13/growing-a-brain-dump/

Blake Harvard Going Goal-Free During Formative Assessment (2020)
https://theeffortfuleducator.com/2020/01/09/ggf/

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