samedi 30 octobre 2021

Plan de pilotage des établissements scolaires : identifier les pistes appropriées

Nous avons préalablement appliqué un processus de recueil et d’analyse des données pour identifier les priorités et problématiques. 

Nous allons maintenant explorer les pistes potentielles et poser nos choix avant de nous engager dans un plan de mise en œuvre élaboré :

(Photographie : Shawn Records)




  • Nous allons identifier les solutions potentielles correspondant à des programmes et à des pratiques pédagogiques
  • Nous allons juger de la faisabilité et de l’adéquation de la mise en œuvre entre différentes options. 


Le principe est de prendre des décisions fondées sur des données probantes pour choisir les mesures à mettre en œuvre.




Exploration des pistes


Lorsqu’au sein d’une école, après identifié et spécifié un défi éducatif qui correspond à un objectif spécifique, nous devons maintenant nous tourner inévitablement vers la recherche de solutions. 

De quelle manière pouvons-nous mieux relever ce défi grâce à des programmes ou d’autres pratiques pédagogiques ? L’objectif est d’identifier les interventions et les approches basées sur des données probantes, en tenant compte également de ce qui a et de ce qui n’a pas fonctionné auparavant. 

Nous pouvons à ce stade nous poser les questions suivantes :

  • Comment des problèmes similaires ont-ils été abordés auparavant dans des établissements similaires ?
  • Quelle est la validité des preuves à l’appui de l’approche envisagée ?
  • Dans quelle mesure l’approche sera-t-elle aisée à mettre en œuvre ?
  • Quel est le coût d’opportunité de l’approche considérée ? Son bénéfice escompté en rapport avec les investissements attendus ?


L’école peut s’appuyer sur ses propres idées internes et sur les preuves de leur efficacité. Dans le même temps, les écoles doivent également s’efforcer de s’appuyer sur des preuves externes de ce qui s’est avéré efficace dans des contextes similaires. 

Voici quelques principes clés pour établir des décisions fondées sur des preuves.




S’investir dans une démarche de synthèse de la recherche


Au lieu de considérer des recherches individuelles de manière isolée ou singulière, nous recherchons et examinons de multiples études. Celles-ci proviennent de diverses sources. L’enjeu est d’identifier les thèmes et les tendances dans les données.

En élargissant d’emblée notre champ d’exploration, nous gagnerons une plus grande confiance dans notre vue d’ensemble et nos résultats globaux. Nous allons tâcher d’éviter de sélectionner des recherches qui confirment, plus qu’elles remettent en question, nos croyances existantes. Nous considérerons objectivement la base de preuves dans son ensemble.

Les examens systématiques et les méta-analyses sont particulièrement utiles à cet égard. Ils utilisent un ensemble défini de processus pour examiner les preuves de manière responsable, reproductible et actualisable.




Creuser au-delà de la surface


Dans notre réflexion et notre démarche de recherche, nous devons viser la profondeur. Un engagement superficiel pourrait conduire à des interprétations inappropriées, voire contreproductives.

Le diable se cache dans les détails. Il existe un point important à respecter lorsque nous nous engageons dans l’analyse des résultats de la recherche. Nous devons tenir compte de la variation des tailles d’effets entre les différentes études et entre les contextes, ainsi que de l’effet moyen mis en évidence.

Sur un sujet donné, certaines études peuvent montrer des impacts négatifs et d’autres des impacts positifs. Nous devons essayer de comprendre ce qui explique la variation de ces résultats, c’est-à-dire dans quels conditions et contextes spécifiques, les impacts positifs et négatifs ont été observés.




Se focaliser sur le comment et le quoi


Nous devons garder à l’esprit que les programmes et les pratiques fondées sur des données probantes ne produiront pas les résultats escomptés s’ils ne sont pas mis en œuvre de manière efficace et cohérente. 

En plus de considérer ce qui fonctionne, nous devons examiner attentivement la manière dont l’approche est mise en œuvre et analyser comment chercher à reproduire ces conditions dans le contexte particulier de notre établissement scolaire.

Une façon d’y parvenir est d’identifier les ingrédients actifs d’une approche particulière, c’est-à-dire les principes clés, les pratiques et le contenu qui la rendent efficace.




Se comporter en consommateur intelligent


Les consommateurs intelligents et critiques des résultats de la recherche sont capables de donner un sens aux informations qu’ils analysent. Ils ont la capacité de comprendre les concepts liés aux méthodes de recherche et aux statistiques. Ils peuvent mesurer la valeur des preuves qu’ils rencontrent en rapport avec les défis auxquels ils sont confrontés au quotidien. 

Cela implique de connaître les points forts et les limites des différentes méthodes de recherche, et d’avoir une connaissance pratique de certaines recherches clés sur l’enseignement et l’apprentissage.

La question de savoir ce qu’est une bonne preuve dépend de l’objectif poursuivi :

  • Si nous souhaitons savoir comment ou pourquoi une approche particulière fonctionne, ou explorer des innovations envisageables, un large éventail de preuves sera utile. Ce seront notamment des observations, des études de cas, des enquêtes et d’autres recherches qualitatives. 
  • Si le questionnement porte sur la mesure de l’efficacité ou de l’impact de telle ou telle intervention, alors les principales données probantes proviendront d’études quantitatives, et en particulier d’essais expérimentaux.


Pour nous comporter en consommateur intelligent de la recherche, nous devons être ouverts aux nouvelles idées. Nous réfléchissons également de manière critique aux affirmations qui y sont faites. 

Nous devons être prêts à remettre en question nos propres idées préconçues, nos préjugés, ainsi que les affirmations externes. 




Intégrer les résultats de la recherche au jugement professionnel


La pratique fondée sur les preuves a été décrite comme l’intégration de l’expertise professionnelle avec les meilleures preuves externes issues de la recherche.

Il est important de se rappeler qu’il existe de nombreuses connaissances expérientielles qui ne sont pas prises en compte par la recherche. Par conséquent, une absence de preuves ne signifie certainement pas une absence d’efficacité.

L’une des principales sources de preuves lors de la sélection des approches à mettre en œuvre sera notre propre vision de ce qui a été efficace dans notre établissement. Les mêmes principes s’appliquent lors de l’identification des nouvelles priorités d’amélioration.

Nous devons récolter des preuves solides pour étayer nos convictions initiales sur ce qui pourrait fonctionner. Puis, nous nous remettons en question en testant la validité et la fiabilité de ces preuves. L’objectif est de renforcer la confiance dans le fait qu’un programme ou une pratique que nous aurons sélectionné permettra de résoudre le problème prédéfini.




Évaluer l’adéquation et la faisabilité


Nous allons alors analyser l’adéquation et la faisabilité des interventions possibles dans le contexte scolaire.

Dans un premier temps, une ou plusieurs interventions possibles ont été identifiées. Ensuite, les écoles doivent se demander dans quelle mesure leurs objectifs, le but, les bénéficiaires, les pratiques et les résultats correspondent aux besoins, à la culture, aux missions et aux valeurs de l’école. 

Les questions à poser sont les suivantes :

  • Le programme ou la pratique répondent-ils pleinement au défi défini ?
  • Sont-ils susceptibles de conduire à de meilleurs résultats dans notre école ?
  • Les valeurs et les normes d’une intervention s’alignent-elles sur les nôtres ?
  • Dans quelle mesure le personnel peut-il être motivé pour s’engager dans ce changement ?
  • Le personnel est-il suffisamment qualifié ? Si ce n’est pas le cas, sommes-nous en mesure de fournir le développement professionnel nécessaire et adéquat ?
  • Sommes-nous en mesure d’apporter les changements nécessaires aux processus et aux structures existants, tels que les emplois du temps ou les réunions d’équipe ?
  • Que pouvons-nous cesser de faire pour libérer de l’espace, du temps et des ressources, et favoriser les efforts nécessaires à la mise en œuvre à venir ?


Il peut être pertinent de soulever d’autres questions en fonction du contexte dans lequel la mise en œuvre aura lieu. La sélection des solutions doit se fonder sur des connaissances et une expertise aussi large que possible. Pour y arriver, nous allons impliquer toutes les parties prenantes clés dans ce processus et dans la description et la compréhension des problèmes à résoudre. 

Ces démarches créeront également des opportunités immédiates pour construire une appropriation et un leadership partagés du processus de mise en œuvre ultérieur éventuel.

La phase d’exploration se termine par la décision d’adopter ou non un nouveau programme ou une nouvelle pratique.




Questions à se poser


  • Que cherchons-nous à atteindre en adoptant un nouveau programme ou une nouvelle pratique ?
  • Avons-nous systématiquement identifié la bonne approche parmi les différentes pistes envisageables pour atteindre nos objectifs ?
  • Existe-t-il des preuves fiables que la piste envisagée peut avoir l’impact souhaité, si elle est bien mise en œuvre ?
  • La piste envisagée est-elle réalisable dans notre contexte ?




Lien vers les différents articles autour du rapport de l’EEF




Bibliographie


Education Endowment Foundation, Putting Evidence to Work — A School’s Guide to Implementation, https://d2tic4wvo1iusb.cloudfront.net/guidance-reports/a-schools-guide-to-implementation/EEF_Implementation_Guidance_Report_2019.pdf, 2019 

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