mercredi 16 juin 2021

Un processus d’évaluation formative dans le cadre de l’observation des nouveaux enseignants en classe

La première année d’enseignement est cruciale et les enseignants novices, nouvellement formés se retrouvent évalués par leur direction. De la qualité du rapport généré peut dépendre l’année scolaire suivante la poursuite de leur contrat dans l’établissement concerné.

(Photographie : Heba Khamis)


Étant donné les limites et les déficits de la formation initiale, les nouveaux enseignants n’ont pas toujours la palette complète de pratiques efficaces nécessaires à un enseignement et à une gestion de classe exemplaires.

Premièrement, l’observation prévue en classe peut être facteur de stress et le nouvel enseignant peut vouloir préparer un cours sur mesure qui paraitra quelque peu artificiel. Deuxièmement, les attentes de la direction ne sont pas toujours clairement explicitées et connues par les enseignants. Troisièmement se pose la question de la rétroaction. Dans quelle mesure sera-t-elle formative ?

Ces trois questions recouvrent la question de l’accompagnement des nouveaux enseignants et leur acquisition de la culture scolaire de leur établissement.




Le cadre de l’observation en classe des nouveaux enseignants


Un rapport de confiance est indispensable à l’établissement d’une rétroaction efficace si nous voulons qu’elle repose du de réelles conversations et échanges à travers un dialogue formatif. 

Nous voulons qu’à travers ceux-ci, des transformations ultérieures soient induites et qu’un apprentissage professionnel ait lieu. 

Dans le cadre de relations professionnelles valorisant la pratique délibérée dans une démarche d’amélioration, l’enseignant observé doit savoir et comprendre par qui et ce sur quoi il sera observé. 

Il peut être observé par un membre de la direction. Il est également important qu’il soit accompagné plus largement par un référent qui a un rôle de mentor pour les nouveaux enseignants ou un simple collègue dont les qualités professionnelles sont reconnues. 

Pour le mentor ou le collègue, il est important que le nouvel enseignant puisse lui-même aller les observer en situation de classe.




Explicitation du cadre d’observation


Ce qui importe dans le cadre d’une observation en classe est que ce qui sera observé soit défini préalablement et à l’avance. L’idée également est que le retour ne portera que sur ces aspects prédéfinis.

Idéalement, le nouvel enseignant doit pouvoir en partie déterminer quels critères ou aspects seront retenus par un observateur d’autant plus s’ils ont été l’objet d’une pratique spécifique. Certains autres aspects peuvent aller de soi, car centraux, mais ils doivent avoir été clairement précisés.

De même, il est utile qu’il connaisse le contexte et la période potentiels de l’observation. De même doit être précisée l’échéance de la conversation subséquente qui en fera le bilan. 

L’enseignant observé doit également pouvoir être assuré que la personne qui fournit la rétroaction s’abstient de tout jugement personnel et de toute inférence à ce sujet. Le cadre doit rester factuel et sur des observations liées aux pratiques engagées.

Idéalement, l’enseignant observé devrait avoir une conversation avec l’observateur avant la performance, afin d’informer celui-ci du contexte et de passer en revue les points observés.




Une rétroaction formative


La rétroaction fournie par l’observateur ne doit porter que sur les ponts observés, être factuelle et suggérer des pistes éventuelles d’amélioration tout en évitant d’être catégorique. 

Des ressources concrètes doivent également être proposées. Le contenu de la rétroaction doit être acté.

L’enjeu est de favoriser chez le nouvel enseignant une éthique de la pratique délibérée qui va pouvoir tenir compte de la rétroaction et l’instrumentaliser dans une optique d’amélioration. 

Le rapport de confiance et l’échange qui l’accompagne permettent d’expliciter les attentes. Il y a lieu d’éviter un processus descendant. Dans celui-ci, la parole de l’évaluateur serait absolue. Les évalués se contenteraient d’absorber passivement le retour d’information et d’agir hypothétiquement en fonction de ce qu’on leur a dit. 

Au contraire, il faut s’assurer que les attentes sont bien partagées et que le nouvel enseignant puisse formuler à partir de celui-ci des objectifs personnels. De même en cas déficit décelé, un accompagnement dans le cadre d’un développement professionnel spécifique doit pouvoir être délivré à brève échéance.

En fonctionnant de cette manière, nous pouvons contribuer à créer des habitudes, des routines et des pratiques. Celles-ci permettent aux nouveaux enseignants de jouer un rôle plus actif dans le processus de retour d’information et dans le pilotage à long terme de leur propre amélioration et développement professionnel.  

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