mardi 8 mai 2018

Facteurs liés à la professionnalisation de l’enseignant

Trois facteurs d’organisation contribuant à une professionnalisation de l’enseignement :

(Photographie : Miet Van Hee)


Améliorer l’efficacité du système éducatif


L’enseignement obligatoire ne se traduit pas par la réussite scolaire du plus grand nombre d’élèves. L’échec scolaire d’une part relativement importante des élèves est une problématique réelle.

Une manière d’y répondre, qui va dans le sens de la professionnalisation des enseignants, est de transférer une partie des ressources et des responsabilités vers les établissements scolaires.

En contrepoids, ces transferts de pouvoir s’accompagnent de la mise en place de nouveaux mécanismes de contrôle des performances.

Cet aspect de la professionnalisation se traduit par un accroissement de l’autonomie des enseignants et le fait de favoriser leur participation à la gestion collective des établissements.

Cette démarche va dans le sens de rapprocher les universités et les écoles, les chercheurs et les enseignants.


Augmenter les exigences professionnelles


Il s’agit d’abord d’offrir aux futurs enseignants une formation universitaire de haut niveau intellectuel. L’ambition est de développer des compétences professionnelles basées sur des savoirs scientifiques.

Les autorités éducatives souhaitent également faire passer l’enseignement et les enseignants :
  1. D’une vision routinière de la pédagogie à une conception innovatrice
  2. Du respect des règles et routines scolaires à une éthique professionnelle au service des élèves et de leurs apprentissages
  3. Du rôle de fonctionnaire à celui de professionnel autonome, mais dès lors aussi imputable de ses choix, ce qui nécessite une évaluation de l’enseignement
La professionnalisation amène à considérer les enseignants comme des experts de la pédagogie et de l’apprentissage, qui basent leurs pratiques professionnelles sur des connaissances scientifiques.

Toutefois, comme en médecine ou en ingénierie, la recherche ne doit pas se limiter à produire des connaissances théoriques ou fondamentales. Elle doit être au service de l’action professionnelle et se traduire par un accroissement des compétences pratiques des enseignants.

Enfin, la professionnalisation de l’enseignement induit une vision réflexive de l’acte d’enseigner. L’enseignement n’est plus une activité qu’on exécute, mais une pratique à laquelle on doit réfléchir, qu’on doit problématiser, objectiver, critiquer, améliorer.




Construire une base de connaissances scientifiques


Une activité, pour être déclarée de nature professionnelle, doit reposer sur des connaissances scientifiques issues de la recherche. Ces connaissances doivent avoir, pour les professionnels, une efficacité pratique. Tel est le cas, par exemple, de la connaissance en médecine et en ingénierie.

Depuis le lancement du mouvement de professionnalisation dans les années 1980, s’est développé un vaste champ international de recherche. Celui-ci vise à définir la nature des connaissances à la base de l’acte d’enseigner et à promouvoir celles qui sont utiles et efficaces pour la pratique enseignante.


(mise à jour le 12/04/20)

Bibliographie


Tardif, M. (2013). « Où s’en va la professionnalisation de l’enseignement ? ». Tréma, Revue internationale en sciences de l’éducation et didactique, Université de Montpellier, no 40, décembre 2013, p. 43-60.

Tardif, Maurice « DE L’USAGE POLITIQUE DES DONNÉES SCIENTIFIQUES » (2017) http://plus.lapresse.ca/screens/a913a92c-9428-4b96-bc53-75bae0704f91%7C_0.html

Jarraud, François. Maurice Tardif : Résister à l’école à deux vitesses (2017) http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/11/1211MauriceTardif.aspx

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