dimanche 19 mai 2019

Caractéristiques et facteurs d'apparition des phénomènes de coercition

Le phénomène de coercition s'insinue en gestion de classe à chaque moment où un élève conteste, proteste, brave ou n’accepte pas une remarque de l’enseignant. De la même manière, il y a coercition manifeste dans tous les rapports de brimade, moquerie, manipulation ou harcèlement entre élèves. 

Mais comment définir la coercition exactement et ses caractéristiques dans un cadre scolaire? Voici une topographie de ce que la recherche en psychologie dit de la coercition. Les facteurs qui favorisent son développement sont également explorés, à travers un compte-rendu de travaux menés par Gerald R. Patterson (1926-2016) et ses collègues de l’Oregon Social Learning Center.
(photographie : Romain Saccoccio)



La coercition


Les humains sont des êtres fondamentalement sociaux. Des relations étroites et positives sont associées à une bonne santé, au bonheur et au bien-être psychologique. Des relations sociales saines, si elles sont non seulement bonnes pour les individus, sont aussi fondamentales pour le bien-être collectif.

Il existe des moyens efficaces et constructifs de gérer les conflits et les désaccords. Nous pouvons tendre à d’obtenir ce que nous visons de commun accord avec les personnes qui nous environnent, accéder aux objets et aux activités souhaitées, de même que collaborer avec eux à la réalisation d’un objectif ou faire des compromis en cas de désaccord 

Ces moyens appartiennent à différentes catégories fondamentales de comportements sociaux que l’on peut qualifier de positifs ou d’habiles, qui sont de nature coopérative, prosociale, nourricière, empathique, chaleureuse ou solidaire. Ces comportements habiles améliorent, enrichissent et approfondissent les relations.

Selon la théorie des contingences, chacun d’entre nous est supposé changer constamment son comportement dans le but de s’adapter approximativement aux changements des contingences que nous vivons dans notre environnement social.

La plupart du temps, un échange de comportements aversifs ne mène nulle part. Les deux individus ne font qu'échanger des paroles l’un avec l’autre.  Ils passent ensuite à autre chose, car ils ont un répertoire d’échanges positifs qui l’emportent sur l’arrangement coercitif.

Pourtant, de temps à autre, l’échange peut devenir coercitif, il peut persister et s’intensifier. Les aspects positifs de la relation se détériorent en parallèle.

La coercition décrit un processus au cours duquel des événements aversifs sont utilisés pour contrôler le comportement d’une autre personne. Les personnes ciblées par des comportements coercitifs les considèrent généralement comme des comportements aversifs ou manipulateurs.

Les comportements coercitifs représentent une classe opposée, fondamentale et régulièrement présente de comportements sociaux. Les comportements coercitifs mènent potentiellement à des relations sociales dysfonctionnelles. Ces dernières sont liées à une litanie de problèmes individuels et sociaux fréquents et coûteux.

Il peut s’agir de violence, d’échec scolaire, de décrochage, de consommation de drogues, de maltraitance, d’activité criminelle, de dépression ou d’anxiété. De même, cela peut prendre la forme d’échecs relationnels, de comportements sexuels à risque, du harcèlement, de victimisation, d’intolérance, de problèmes de santé physique ou de productivité réduite au travail.





Origine évolutive des processus sociaux coercitifs


Les humains et autres primates ont une capacité intégrée de comportement coercitif. Une preuve évidente est celle des cris poussés par les nourrissons qui réclament l’attention et les soins de leur parents. Le comportement coercitif n’a pas besoin d’être appris dans ce sens.

Les comportements coercitifs sont intégrés et omniprésents en partie parce qu’ils nous permettent de nous adapter à notre environnement. Ils sont naturels et ne sont pas intrinsèquement pathologiques. Ils représentent simplement une classe de base de comportements sociaux et relationnels.

Les nourrissons possèdent eux-mêmes un éventail d’autres tactiques comportementales sociales intégrées qui leur permettent de capter l’attention des adultes : le regard mutuel, le sourire, le fait de s'agripper, le gazouillement, etc.





Objectifs de la coercition


La grande majorité de la coercition s’exprime par le simple recours à un comportement aversif pour :
  1. Gagner un conflit, établir la domination, obtenir un statut ou des récompenses, ou accéder aux activités désirées. 
  2. Éviter ou échapper au contrôle et aux demandes aversives dans les contextes de relations sociales, décourager ou écarter les exigences comportementales, les attentes ou les conflits potentiels avec d' autres personnes. 

Face à ces deux catégories d’objectifs se rencontrent deux formes réciproques de renforcement

  1. Les comportements coercitifs peuvent être façonnés et maintenus par le renforcement positif dans la mesure où ces comportements permettent l’accès à des avantages, à un statut, à des objets ou des activités désirées.
  2. Les comportements coercitifs sont façonnés et maintenus par des contingences de renforcement négatif fournies par d’autres personnes lorsqu’ils permettent de fuir ou d’échapper à des conséquences.  

La coercition se manifeste autant à l’échelle d’un individu qu'à celle d’un groupe. Elle peut servir de moyen d’accroître la solidarité et les avantages du groupe d'appartenance en menaçant ou en excluant activement un groupe marginal ou concurrent.

La fréquence des comportements coercitifs dépend de leur utilité ou de leur valeur fonctionnelle par rapport à celle de solutions de rechange plus positives et plus compétentes.

Au cours du développement, les expériences d’une personne peuvent mener à une dépendance prédominante à l’égard de comportements coercitifs dans ses relations avec les autres. Le développement des compétences et l’accès à des relations sociales de soutien sont compromis. Le risque de résultats négatifs pour le développement est accru.



Apports des recherches de l’Oregon Social Learning Center


La théorie de la coercition a été élaborée par Gerald Patterson et ses collègues de l’Oregon Social Learning Center (OSLC). Ils se sont intéressés à la problématique des enfants agressifs et affichant un comportement antisocial.

Les premières approches utilisées historiquement pour traiter ce genre de situation avaient finalement révélé des effets iatrogènes potentiels, c’est-à-dire que les approches proposées pouvaient envenimer les situations problématiques plutôt que les régler.

La nécessité d’appliquer la science du comportement humain à la conception d’une prévention et d’un traitement efficaces est apparue clairement.

L’approche comportementale proposée par Skinner a semblé au départ prometteuse, mais elle a montré ses limites dans un manque d’efficacité à long terme. Des approches plus élaborées ont été développées dans le cadre de la théorie de la coercition, pour développer une manière d’y remédier. L’approche Parent Management Training Oregon Model (PMTO) semble prometteuse.

La théorie de la coercition décrit comment les comportements agressifs et antisociaux se développent chez des enfants à la suite de réponses parentales inefficaces face aux problèmes de comportement. Elle montre comment une répétition fréquente de cycles coercitifs entraîne une aggravation progressive des comportements agressifs, tant en variété qu’en intensité.




Le modèle de coercition


Commençons par un exemple montrant les différentes interactions à l’œuvre :


 (source : Patterson, G. R., Reid, J. B., & Dishion, T. J. [1992]. Antisocial boys [Vol. 4]. Eugene, OR: Castalia.) 


Un enfant n’a pas fait ses devoirs.

Dans l’étape 1 : la maman le réprimande.

Dans l’étape 2 : le garçon répond en criant. Les cris de l’enfant ont un rôle de punition pour les réprimandes de la mère.

À l’étape 3, la mère cesse d’être négative et abandonne ses exigences que l’enfant fasse ses devoirs.

Ce comportement de la maman sert de renforcement négatif pour l’enfant. Celui-ci sera plus susceptible de crier à nouveau lorsque la maman le réprimandera à nouveau.

À l’étape 4, le fait que l’enfant cesse de crier quand la maman abandonne ses exigences sert de renforcement négatif pour la maman. La maman sera moins susceptible de le gronder à l’avenir.

À long terme, il y aura une augmentation des devoirs inachevés et de l’aversion de l’enfant quand quelqu’un le réprimande, et un risque accru d’échec scolaire.


Un cycle coercitif peut être décrit comme suit :
  1. Le parent donne un ordre vague exigeant l’obéissance d’un jeune enfant qui fait preuve d’un comportement oppositionnel. 
  2. Le parent répète l’ordre inefficace pendant que le jeune enfant réagit par des comportements plus aversifs ou agressifs tels que pleurnicher, pleurer ou faire une crise de colère. 
  3. Le parent finit par céder, se retire et ne donne pas suite à son exigence. 
  4. Les comportements agressifs du jeune enfant cessent pendant que le parent obtient un soulagement de la cessation des comportements agressifs de l’enfant. 

Ces interactions sont susceptibles de se perpétuer au fil du temps 
  1. Les comportements agressifs de plus en plus intenses du jeune enfant sont susceptibles de réapparaître lorsqu’ils mettent fin aux exigences du parent qui développe une aversion pour ceux-ci.
  2. L’acquiescement du parent et l’abandon d’exigences sont susceptibles de devenir plus fréquents parce qu’ils mettent fin et préviennent les comportements aversifs de l’enfant. 

Il y a une dynamique de renforcement négatif à l’œuvre. Le fait que le parent cède tend à augmenter la fréquence d’apparition des comportements aversifs ou agressifs.

Il y a aussi une dynamique de renforcement positif, car l’enfant obtient ce qu’il voulait. Cela a comme conséquence d’augmenter la fréquence d’apparition des comportements aversifs ou agressifs chez l'enfant.

Une autre forme de renforcement positif de la coercition correspond à la situation où :
  1. Un parent émet des menaces en réponse à de petites inconduites, mais sans les mettre en exécution. 
  2. À un certain moment, excédé, ce même parent applique une discipline sévère et excessive face à ces mêmes comportements. 
  3. L’enfant semble alors apprendre que des actes relativement importants de comportement agressif et coercitif sont appropriés et nécessaires pour atteindre des objectifs.


Robert J. McMahon (2014) cite d’autres facteurs comme une discipline incohérente, irritable, explosive, inflexible et rigide, ainsi qu’une supervision et une implication faibles des parents dans l’éducation de l’enfant. D’autres facteurs de risque familial qui ont des effets directs ou indirects sur les pratiques parentales comprennent un état de détresse de la part du parent, interparental (problèmes conjugaux), ou un isolement social. Il peut être lié à un comportement antisocial, à la consommation de substances ou encore à une dépression maternelle.



Nature cyclique


La dynamique de la coercition est à double sens et elle implique les deux acteurs.

Par exemple, un parent peut céder à la demande répétée et aversive d’un adolescent de pouvoir rentrer à une heure plus tardive le soir. L’adolescent devient alors plus susceptible d’utiliser ces demandes pour diminuer l’établissement de limites. Le parent est moins susceptible de fixer des limites afin d’éviter un conflit avec l’adolescent. Les deux comportements évoluent parallèlement. 

Face à une discipline médiocre ou incohérente, les cycles coercitifs commencent et s’enracinent avec le temps, car ils coïncident généralement avec un manque de renforcement des comportements adaptatifs et prosociaux.

L’enfant inscrit dans des cycles répétés de comportements coercitifs est susceptible de ne pas développer des habiletés prosociales et d’adopter de plus en plus des comportements aversifs et agressifs dans ses interactions avec les autres.

L’utilisation de comportements coercitifs qui apparaissent dans la relation entre enfant et parent devient un style bien ancré. Il se manifestera également dans d’autres relations comme celles avec les frères et sœurs, les pairs et les autres adultes.

Si le comportement coercitif est d’abord essentiellement basé sur un renforcement négatif, plus tard dans le développement quand il s’aggrave. Il acquiert souvent des propriétés fonctionnelles plus complexes et élaborées. Ces dernières impliquent des combinaisons de renforcement positif et négatif.

Par exemple, le fait de se joindre à un camarade pour se défendre d'un intimidateur à l’école peut être à la fois un renforcement positif (établir une amitié) et un renforcement négatif (réduire la probabilité d’attaques futures). 
Le fait de tricher à un test permet d’obtenir des récompenses injustifiées (renforcement positif) et d’éviter les punitions (renforcement négatif). 

Le fait de ne pas décourager la dépendance primaire et persistante à l’égard des comportements coercitifs et de ne pas réussir à façonner et à soutenir un comportement social positif et qualifié entraîne un apprentissage cumulatif. Celui-ci a lieu au cours des interactions quotidiennes que les individus rencontrent dans leur environnement.



Spirale de la coercition


Les comportements coercitifs relatifs aux comportements habiles peuvent être fonctionnels au cours de l’interaction sociale et au fil du temps dans des relations multiples. Dès lors, le comportement coercitif peut être maintenu à une fréquence élevée, s’amplifier dans sa variété et s’aggraver dans sa gravité.

La forte dépendance à l’égard des comportements coercitifs comme principal moyen d’entretenir des relations avec les autres compromet également le développement de manière moins directe. Les comportements coercitifs diminuent et perturbent les relations sociales de soutien et limitent l’accès aux environnements d’apprentissage nécessaires pour acquérir un comportement qualifié.

Une forte dépendance à l’égard des comportements coercitifs est négative. Elle peut conduire au rejet social, à plus de coercition ou à l’exclusion réciproque et à l’échec dans d’importants environnements normatifs d’apprentissage et de gain comme l’école et le travail.

Les individus peuvent aussi choisir activement des relations et des contextes sociaux compatibles avec leur style coercitif. Cette évolution par choix des fréquentations peut amplifier et renforcer un comportement social coercitif.

Les personnes coercitives créent et vivent dans des environnements coercitifs. Selon le contexte, cela peut conduire à une augmentation des ressources et du statut (résultant des brimades, du copinage, de manipulation et d’abus). Cela peut également mener à un échec relationnel à long terme, à une marginalisation et une risque d'exclusion accru.

L’échange coercitif typique correspond à un automatisme développé par surapprentissage. Comme pour la conduite d’un vélo, il ne nécessite plus que très peu de traitement cognitif actif. Ce caractère automatique rend plus difficile la mise en place de procédures propres à l’enrayer.




Facteurs favorables au maintien de comportements de coercition


Les premières différences individuelles dans les comportements coercitifs ont probablement des origines génétiques ou constitutionnelles comme le reflète le tempérament, mais sont élaborées par les expériences et les contingences sociales environnementales.

Étant donné les conséquences sociales et contextuelles négatives et les résultats négatifs sur le développement associés à un comportement coercitif de type caractéristique, nous pouvons nous demander pourquoi ce comportement persiste et est relativement résistant au changement. Il semble y avoir au moins trois réponses.

  1. L’une des réponses est que le comportement coercitif est immédiatement puissant et adaptatif — il est hautement fonctionnel pour ce qui est de générer des contingences de renforcement positives et négatives à court terme. Dans certains cas, le bénéfice apparent qu'il génère peut sembler coûteux à abandonner. Dans d’autres cas, il reflète un répertoire social appauvri avec lequel un individu peut être renforcé, résoudre les conflits et établir des relations de soutien.
  2. Une deuxième réponse est que les comportements coercitifs peuvent s’installer durablement par un surapprentissage et une automatisation dans le registre de comportements d’une personne. Par conséquent, la participation à des échanges sociaux coercitifs peut se faire sans sensibilisation, planification et intention. L’irritabilité, l’opposition et l’agressivité peuvent devenir des outils de relations presque réflexives. La coercition se heurte rapidement à la contre-coercition et l’escalade de l’intensité du comportement aversif est utilisée pour forcer la capitulation.
  3. Troisièmement, les personnes qui ont de plus en plus recours à des tactiques coercitives sont à la fois les architectes et les victimes d’environnements coercitifs. Le rejet peut être dans l’œil du spectateur. Ceux qui le rejettent peuvent par là devenir des ennemis apparents, et donc devenir des cibles futures d’agression et de représailles. La coercition engendre la coercition. 




Développement de la coercition


Chez le nourrisson


Les nourrissons à la naissance utilisent instinctivement des contingences négatives pour enseigner aux membres de la famille les techniques de prestation de soins. La plupart des adultes perçoivent les pleurs d’un nourrisson comme une aversion, et la plupart des parents apprennent à réagir rapidement pour mettre fin aux pleurs en s’occupant du nourrisson.

Lorsque les parents viennent chercher le bébé, les pleurs s’arrêtent souvent en quelques secondes. Avec plus d’expérience, le parent devient capable d’anticiper les besoins du nourrisson et d’y répondre avant que les pleurs ne commencent (conditionnement d’évitement).

Malgré la caractéristique instinctive du renforcement négatif, des différences significatives dans les réactions du nourrisson et des parents influencent le risque d’une implication persistante dans des processus sociaux coercitifs.

Par exemple, il est généralement vrai que les parents dépressifs sont lents à répondre aux pleurs de leur nourrisson. Par ailleurs, certains nourrissons peuvent persister à pleurer, peu importe ce que fait le parent.

Dans l’essentiel des familles, enseigner aux enfants à utiliser des mots et à adopter un comportement positif pour répondre à leurs besoins remplace progressivement la coercition.




Petite enfance et contexte familial


Le comportement coercitif des enfants augmente de façon spectaculaire de 1 à 2 ans et atteint un sommet vers l’âge de 3 ans. Cela se reflète dans l’opposition croissante des jeunes enfants qui explorent l’environnement et ont recours à des crises de colère et à des coups lorsque les parents leur imposent des contraintes externes.

La mesure dans laquelle le comportement coercitif de l’enfant persiste et se développe dépend de l’efficacité de l’utilisation par les parents de mesures d’urgence pour réagir à ce défi normatif.

Selon les compétences parentales et le tempérament de l’enfant, la période préscolaire pourrait être une période de croissance réelle ou d’apaisement de la coercition.

Dans l’intervalle entre les âges de 1 à 3 ans, un changement fondamental commence à se produire dans la structure de renforcement. Pendant cet intervalle, les membres de la famille montrent une augmentation spectaculaire du renforcement positif du comportement prosocial des jeunes enfants.

Ceci, à son tour, devrait s’accompagner de taux de comportement prosocial de l’enfant qui sont plus élevés que les taux de comportement coercitif.

Dès l’âge de 4 et 5 ans, les enfants sont en bonne voie de demander poliment ce qu’ils veulent.

Une question est d’expliquer comment les parents remplacent le comportement coercitif en façonnant le comportement prosocial par le renforcement positif. Un fait établi est que la coercition maternelle développe celle du jeune enfant et offre une prédiction de l’évaluation du comportement problématique de l’enfant par les enseignants à l’âge de 7 ans.

Au fur et à mesure que l’enfant entre dans la petite enfance, d’autres membres de la famille, comme les frères et sœurs, sont attirés par l’enfant dans des échanges coercitifs.



Influence des pairs


Deux mécanismes différents produiraient l’agressivité chez les enfants.

Étape 1 : Elle prend la forme d’un renforcement négatif des formes manifestes (p. ex., crises de colère ou coups) durant la petite enfance, du comportement coercitif de la part des membres de la famille.

Étape 2 : Elle peut commencer n’importe quand entre l’âge d’entrée à l’école et l’adolescence. La majorité des mesures de renforcement sont positives. Elles sont fournies par les pairs et façonnent des formes d’agression plus cachées, comme le mensonge, le vol, le vandalisme, la consommation de substances, etc. Les réponses positives que les pairs apportent aux comportements déviants fonctionnent en fait comme un renforcement. Des études ont également montré que les réactions des pairs à l’intimidation peuvent être considérées comme un renforcement positif (p. ex., la victime pleure ou montre de la peur).

L’entraînement à la déviance par les pairs est un mécanisme majeur pour produire un comportement
délinquant.

Il y a deux formes différentes de comportement antisocial : ouvert et secret. Les deux formes se succèdent.

Au cours des premières années du développement d’un enfant, il peut y avoir une augmentation des formes manifestes de comportement antisocial, une grande partie de l’agressivité étant soutenue par des contingences négatives de renforcement.

Lorsqu’un enfant à problèmes est prêt à commencer l’école, la formation de l’étape 1 est devenue un prédicteur important de l’entraînement à une nouvelle forme d’agressivité, un comportement antisocial secret (à l’étape 2).



Entraînement à la déviance


L’étape 3 se traduit alors par le risque que les pairs, de plus en plus déviants, façonnent des comportements, eux-mêmes de plus en plus déviants. 

La formation du comportement antisocial à chacune des trois étapes tend à impliquer différents types de renforts :
  1. Les membres de la famille sont les plus susceptibles d’utiliser le renforcement négatif en fonction d’un comportement antisocial manifeste. 
  2. Le groupe de pairs déviants est plus susceptible d’utiliser le renforcement positif, sous réserve d’un comportement antisocial caché. 
  3. L’étape 3 est complexe. Elle implique des contributions significatives au processus de coercition de la part de la famille et d’un groupe de pairs coercitifs, et les contingences de renforcement positif et négatif influencent le comportement.

Un enfant coercitif renforcé à la maison par des membres de la famille semblait souvent avoir de la difficulté à s’adapter à l’école.

Lorsque les enfants à problèmes commencent l’école, les enseignants et les pairs réagissent à leur coercition par une série de réactions clairement définies.

Il faut donc qu’un nombre significatif de pairs prosociaux réagissent de manière semblable au comportement déviant de l’enfant cible. En le rejetant, ils ouvrent la porte à l’affiliation sélective de l’enfant avec des pairs déviants.

La dérive vers des groupes de pairs déviants crée un chemin menant directement à l’utilisation du renforcement positif par les pairs pour renforcer des comportements antisociaux cachés.

Au fur et à mesure que les enfants avancent dans la séquence, ils courent statistiquement de plus en plus de risques de commettre des actes qui les amènent à être arrêtés par la police.

Mise à jour le 01/02/21

Bibliographie


James J. Snyder and Thomas J. Dishion, Introduction: Coercive Social Processes, in The Oxford Handbook of Coercive Relationship Dynamics, Oxford University Press, 2016

Gerald R. Patterson, Coercion Theory: The Study of Change, in The Oxford Handbook of Coercive Relationship Dynamics, Oxford University Press, 2016

Sam Goldstein & Jack A. Naglieri (eds.), Encyclopedia of Child Behavior and Development, Springer, 2011

Gerrig & Zimbardo. Psychologie 18e édition. Pearson. 2013, PP 145-154

Robert J. McMahon, Interventions de formation parentale pour les enfants d’âge préscolaire, Ph.D. University of Washington, Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants 3éd, 2014, http://www.enfant-encyclopedie.com/sites/default/files/textes-experts/fr/85/interventions-de-formation-parentale-pour-les-enfants-dage-prescolaire.pdf

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