vendredi 31 juillet 2020

Stimuler l’intérêt des élèves pour favoriser l’acquisition de connaissances

Susciter l’intérêt situationnel des élèves est une carte que l’enseignant peut jouer en classe dans l’intention de favoriser leur engagement et leur acquisition de connaissances.

En effet, l’intérêt des élèves pour une situation donnée influe sur leur traitement cognitif et conduit à un meilleur apprentissage.


mardi 28 juillet 2020

Progresser en tant qu’enseignant

Les enseignants s’améliorent tout au long de leur carrière, mais les gains les plus spectaculaires se produisent au cours des trois premières années. Leurs gains ultérieurs dépendent de la manière dont les enseignants s’investissent dans leur formation continuée ou dans un apprentissage indépendant.


dimanche 26 juillet 2020

Enseignement explicite, enseignement traditionnel et pédagogies centrées sur l’élève

L’enseignement explicite représente une alternative éclairée par la recherche et les données probantes, à l’enseignement traditionnel et aux pédagogies centrées sur l’élève. Cette nature fait que le modèle se veut rigoureux et susceptible d'évolutions. Une spécificité est qu'il fait œuvre de prudence face à tout ce qui est de l’ordre du mythe pédagogique ou du détournement.


vendredi 24 juillet 2020

Du bon usage des objectifs pédagogiques

La communication des objectifs pédagogiques aux élèves est un facteur d’efficacité de l’enseignement. C’est d’autant plus vrai si ceux-ci sont conçus afin d’offrir des défis à la fois ambitieux et accessibles aux élèves. Ils doivent se traduire en enjeux qui participent pleinement à mobiliser leur engagement en éveillant un intérêt situationnel.

mercredi 22 juillet 2020

Varier les pratiques ! Oui, mais en tenant compte des données probantes

Il existe en pédagogie une injonction qui a valeur de mantra. Une non-adhésion absolue et des réserves paraîtront automatiquement suspectes. Celle-ci est de même assenée pour clore les débats ou pour laisser libre cours à la liberté pédagogique.

Mais doit-on la prendre comme argent comptant ?

(Photographie : With The Grain)

Varier les pratiques


Nous devrions en tout temps, en tout contexte, face à tout groupe d’élèves varier nos pratiques pédagogiques.

Souvent, cela s’accompagne de l’incitation à innover, à différencier nos approches d’enseignement trop timorées. Au contraire, nous devrions présenter à nos élèves une variété de manières d’apprendre et de construire des compétences attendues, qui correspond à leur style et contribue à leur émancipation.

Généralement, il ne faut pas aller très loin pour comprendre que se cache derrière l’intention avouée de faire moins d’enseignement guidé assimilé à l’enseignement traditionnel. Il s’agit au contraire de favoriser des pratiques de différenciation, la démarche d’investigation, les classes inversées ou renversées, l’apprentissage par problèmes ou par projet, l’apprentissage hybride ou encore la pédagogie coopérative.

À partir du moment où l’on s’intéresse aux pratiques éclairées par la recherche, cette injonction devrait en appeler automatiquement une autre en miroir. Où sont les données probantes ?

Mais cette dernière rencontre plus difficilement un assentiment général. Elle pose la question de l’objectivation de l’efficacité, plus divisive.


Subjectivisme


Rejeter une éducation informée par des données probantes, c’est laisser libre cours au subjectivisme. Il s’agit d’une doctrine selon laquelle notre propre activité mentale est le seul fait incontestable de notre expérience, au lieu d’être partagée ou commune. Par conséquent, il n’y aurait pas de vérité externe ou objective. Dès lors, aucune revendication sur la réalité ne peut être objectivement vraie ou fausse.

Le problème est que cette dernière idée est en elle-même une revendication objective sur la réalité qu’interdit le subjectivisme, ce qui en soi est une incohérence. Dès lors, aucune personne rationnelle ne pourrait vraiment croire en une réalité subjective.

Par contre, l’efficacité est objective. La question est plutôt de savoir ce que l’efficacité mesure exactement et à quels objectifs, quelles valeurs elle correspond.

En un sens, plutôt que de varier les pratiques, il s’agirait de tenir compte de la variété des objectifs de l’éducation et d’adopter pour ceux-ci des pratiques efficaces qui seront dès lors différentes.

Tous les concepts et approches autour des styles d’apprentissage et des intelligences multiples reposent sur cette incohérence du subjectivisme. Nous avons des goûts culinaires et des goûts musicaux différents. Certaines de nos dimensions sont absolument subjectives. C’est là que se situe le piège du subjectivisme, pourquoi il nous attire. Il semble être la seule alternative qui saisit l’idée de notre point de vue, qui reconnait notre individualisme.

Il est possible d’avoir des points de vue et des avis divergents sur différentes questions. Mais il est également possible d’évaluer ces positions en fonction de critères objectifs. Les sciences cognitives sont formelles. Sauf troubles de l’apprentissage prononcés, tous les élèves apprennent le plus efficacement de la même manière.

Nous construisons nos propres modèles subjectifs du monde qui nous entoure grâce à nos sens et à notre cognition. Mais nous partons tous de la même réalité objective. Bien que nos perceptions diffèrent, nous parlons généralement plus ou moins de la même réalité en matière d’éducation.



Le conflit cognitif


Lorsque nous traitons d’éléments qui correspondent à notre vision du monde, nous sommes assez conciliants.

À partir du moment où nous réfléchissons sur nos pratiques, il est presque inévitable qu’un conflit cognitif survienne. Nous sommes dès lors mis en difficulté. Le psychologue Leon Festinger l’a expliqué dans les années 1950 dans sa théorie de la dissonance cognitive. Il a suggéré que nous sommes programmés pour maintenir nos attitudes et nos croyances en harmonie.

Nous souhaitons conserver une cohérence cognitive. Tenter de maintenir deux pensées contradictoires en même temps à l’esprit nous fait éprouver un sentiment de dissonance profondément inconfortable.






Gérer la dissonance cognitive


La dissonance cognitive a un impact considérable sur la façon dont nous réagissons spontanément face à des individus qui ne partagent pas nos croyances les plus centrales. D’autant plus qu’ils défendent et argumentent pour d’autres croyances que nous ressentons comme dissonantes.

La situation est fréquente lorsqu’il s’agit de neuromythes ou de malentendus pédagogiques.

La dissonance cognitive possède une dimension douloureuse fondamentalement viscérale. Nous avons tendance à penser que ceux qui ne partagent pas nos idées doivent être ignorants, stupides, arrogants, insensés ou animés de mauvaises intentions.

Lorsque nous critiquons une idée à laquelle nos interlocuteurs tiennent, leur réaction standard est de nous faire remarquer que nous ne comprenons manifestement pas leur position. Lorsque nous prétendons présenter la preuve incontestable et logique de notre compréhension, nos interlocuteurs devenus nos opposants nous traitent alors comme si nous étions à côté de la plaque, infamants et donc dangereux.


Le changement de paradigme et l’aisance cognitive


… all knowledge, and especially the weightiest knowledge of the truth, to which only a brief triumph is allotted between the two long periods in which it is condemned as paradoxical or disparaged as trivial … life is short, and truth works far and lives long: let us speak the truth.
Arthur Schopenhauer, Die Welt als Wille und Vorstellung. Leipzig 1819

Comme le dit Schopenhauer, toute idée nouvelle, peu importe sa validation, si elle crée de la dissonance cognitive, rencontrera de la résistance, avant d’être, peut-être à terme, acceptée comme vraie

Comme l’exprime, le philosophe allemand Arthur Schopenhauer (1788 – 1860), l’acceptation d’une nouvelle idée passe par différentes étapes.

  • Dans un premier temps, elle est ridiculisée, rejetée, dénigrée comme insignifiante, ou attaquée durement.
  • À un moment donné, elle est brièvement reconnue dans toute sa valeur.
  • Par la suite acceptée, elle est rapidement considérée comme allant de soi, banale et triviale

Si le processus d’acceptation d’une idée peut être lent et douloureux, avec de nombreux soubresauts, une fois celui-ci passé, elle devient banale. Ce dernier statut, qui peut être finalement décevant pour ses initiateurs qui ont affronté vents et marées est particulièrement intéressant. Il illustre un phénomène qu’on appelle l’aisance cognitive.

L’aisance cognitive est l’état d’esprit en situation d’absence de dissonance cognitive. Il s’agit d’un état particulièrement agréable pour notre mental et que nous tentons de conserver ou de récupérer lorsqu’il est mis en danger.

C’est la raison pour laquelle les idées inconnues qui nous plongent dans l’incohérence nous rendent méfiants et suspects. Par contre, dès la dissonance cognitive dissipée, une nouvelle idée acceptée devient familière. Elle induit un sentiment de reconnaissance et d’aisance : ce n’est pas une menace. Cette aisance est d’autant plus présente que l’idée est claire, limpide et d’utilité pratique pour nous. Elle devient tellement évidente qu’elle semble insignifiante.



Un effort de construction collective éclairé


Définir, établir, affiner, améliorer le choix de ses pratiques d’enseignement est une façon de se donner des objectifs en tant qu’enseignant, de trouver des sens, de se donner les moyens d’avancer et de développer son expertise. L’éducation fondée sur des données probantes constitue à la fois une base de connaissances, un compas, un éclairage et des références en matière de pistes potentielles de pratiques efficaces.

Le sens et le but ne vont se matérialiser que dans les pratiques que nous mettons explicitement en œuvre. La description de pratiques et d’approches fondées sur les données probantes nous offre une référence face à laquelle nous pouvons ajuster notre vision de la réalité. De la même manière, le fait de collaborer avec des collègues sur les pratiques concernées renforce la rétroaction. De cette façon, nous coopérons à la création d’une réalité partagée et construite.

Les pratiques fondées sur des données probantes et étayées par des théories bénéficiant d’un soutien empirique nous permettent de mieux voir la réalité et d’en faire une expérience profondément différente. Ce que nous sommes capables de voir à travers elles dans notre métier nous transforme et nous permet d’agir. L’enjeu des pratiques soutenues par des données probantes est de nous outiller efficacement dans ces démarches.

Il peut être utile de varier ses pratiques afin de répondre à l’hétérogénéité des classes. Cependant, des expériences d’apprentissage et des pratiques enseignantes éclairées par la recherche en éducation et fondées sur des données probantes sont essentielles. Elles seules ouvrent la garantie d’un accroissement de notre expertise et de notre efficacité.


Une protection contre nos biais cognitifs et affectifs


Développer une base de connaissances personnelle validée selon les principes d’une éducation fondée sur des données probantes contribue à amoindrir l’impact de nos biais affectifs et cognitifs sur nos pratiques d’enseignement.

Lorsque nous nous basons sur nos intuitions et nos expériences personnelles, non seulement nous ne profitons pas de l’acuité de modèles validés par des preuves mais nous nous reposons sur des pensées et émotions biaisées. Nous sommes dès lors enclins à des erreurs d’interprétation dont nous n’avons pas conscience. Nous avons tendance à nous laisser guider par des croyances faussées.

Lorsque nous nous appuyons sur une structure logique sensée et validée, nous pouvons approfondir notre réflexion et mieux échapper à nos intuitions et à nos réactions émotionnelles.

Nous devenons plus aptes à développer des démarches réflexives, celles-ci nous permettent de progresser et de ne pas rester enfermés dans notre propre vision du monde. C’est d’autant plus utile lorsqu’un conflit cognitif survient et que nos croyances sont remises en question.

Prendre le pli de s’intéresser aux apports de l’éducation basée sur des données probantes nous offre la perspective de plus de rationalité en profitant des processus de validation scientifique. L’alternative n’est pas enviable, car elle équivaut à se reposer sur notre propre perception de soi ou sur les intérêts particuliers d’autres.

En conclusion, si varier les pratiques est désirable, il s’agit d’accompagner le processus d’un apprentissage professionnel qui permet de développer notre expertise d’enseignant. De plus afin de s’assurer que l’ensemble du processus soit utile, l’éclairage des données probantes est indispensable.



Bibliographie


David Didau, What if everything you knew about education was wrong?, 2016, Crown House

lundi 20 juillet 2020

Croire, comprendre, accepter ou rejeter

Le principe d’opter pour des pratiques enseignantes éclairées par la recherche et des données probantes vise à développer une expertise professionnelle large, cohérente, structurée et intégrée.



samedi 18 juillet 2020

Fonder les décisions scolaires sur des données et renforcer le jugement éclairé des enseignants en conseil de classe

Les décisions pédagogiques en conseil de classe se fondent sur l’interprétation de données d’évaluation des performances des élèves.

Comment est-ce que les enseignants évaluent et interprètent les résultats de leurs élèves à la suite d’une évaluation ?


jeudi 16 juillet 2020

Un modèle historique de la métacognition et du contrôle cognitif (Flavell, 1979)

Enseigner est un processus long et complexe, si nous voulons qu’il génère un apprentissage durable et rende les élèves plus autonomes. Dans l’idée d’un transfert graduel de responsabilité des apprentissages de l’enseignant vers ses élèves, il est souhaitable qu’à un moment ces derniers deviennent détenteurs de leurs propres apprentissages. Une part de l’équation tient à la métacognition.


mardi 14 juillet 2020

Prise de risque et autorégulation lors de l’adolescence

Les adolescents sont en règle générale enclins à vivre des expériences passionnantes, excitantes et nouvelles. Toutefois, ils n’ont pas encore pleinement développé leur capacité à maitriser un comportement impulsif.


dimanche 12 juillet 2020

Activer l’effet enseignant, oui mais comment ?

Les caractéristiques individuelles des élèves, les antécédents familiaux et leurs expériences personnelles contribuent aux performances des élèves à l’école (Stewart, 2008). Nombre de ces caractéristiques des élèves échappent au contrôle des enseignants.


vendredi 10 juillet 2020

mercredi 8 juillet 2020

Failles dans la gestion du comportement à l’échelle d’un établissement scolaire

Certains problèmes comportementaux récurrents au sein d’un établissement scolaire peuvent être le résultat d’une mauvaise mise en œuvre d’un système théoriquement bon sur le papier.

Certains systèmes sont plus simples à mettre en œuvre avec un haut degré de fidélité que d’autres. Voici une synthèse de la première partie d’un chapitre du livre de Ben Newmark (2019).


lundi 6 juillet 2020

Causes, conséquences et pistes d’actions au sujet d'élèves ayant une capacité de mémoire de travail limitée

Une activité particulière peut être tout à fait dans les limites de la capacité de la mémoire de travail d’un élève, mais dépasser celle d’un autre qui aura dès lors beaucoup de difficultés à la réaliser. En tenir compte permet d’aider ces élèves à progresser et à apprendre.

Les pistes abordées correspondent au cadre de l’enseignement explicite. Celui-ci s’intègre dans le cadre théorique de la théorie de la charge cognitive. Un des fondements de celle-ci est la prise en compte des limites de la mémoire de travail à travers le principe des limites étroites du changement.


dimanche 5 juillet 2020

Conception d’un modèle psychologique de l’élève pour l’enseignant

Disposer de connaissances en psychologie lorsque l’on est enseignant peut se traduire en une influence positive sur la pratique en classe et l’apprentissage des élèves. Il est principalement utile pour les enseignants de disposer de bases en ce qui concerne la cognition, la motivation, la gestion des émotions et le comportement des élèves.

Voir partie 1 de l’article : Utilité et propriétés d’un modèle psychologique de l’élève pour l’enseignant


vendredi 3 juillet 2020

Rigueur et profondeur de réflexion dans le modelage et la pratique

Lorsque nous enseignons, nous tenons compte de la qualité de novice de nos élèves et de la limitation de leurs ressources mentales (mémoire de travail, attention, connaissances préalables). Nous privilégions la clarté et la précision dans nos explications. Nous prenons le chemin le plus court vers l’apprentissage à travers le modelage et la pratique. Nous traquons et supprimons les ambiguïtés. Nous évitons les informations redondantes et tout ce qui pourrait diviser l’attention de nos élèves.