lundi 21 août 2017

Comment la FESeC envisage-t-elle l'évalution? Mise en perspective.

Relecture critique d'un outil pédagogique et document de référence de la FESeC: "Balises pour évaluer": 



Le document « Balises pour évaluer » de la FeSec cerne bien les grands aspects des trois démarches de :
L’évaluation formative
L’évaluation à valeur certificative
La certification

Il y a un seul point sur lequel j’aurais tendance à émettre des réserves. Lorsque son abordées p6 le « droit à l’erreur » et la notion « d’erreur comme source de progrès » avec lesquels j’abonde complètement, je m’étonne cependant que, quelques lignes plus tard, quand sont abordées les modalités d’application de l’évaluation formative, on y propose comme fonctions de :
1. Réguler les apprentissages.
2. D’orienter les décisions, soit d’orientation, soit de certification.

Je considère que le second point est une rupture de contrat par rapport à la nature de l’évaluation formative et de cette notion de droit à l’erreur, puisqu’en tant que telle l’approche formative n’a aucunement comme objet la certification, mais qu’elle se veut un instrument de dialogue et un processus réflexif à la fois pour l’élève et l’enseignant. Tout l’aspect décisionnel ou d’orientation doit seulement être basé sur les évaluations à caractère certificatif. 

Le document revient sur le sujet lorsque la question de la certification est abordée : « Cette sanction peut s’assortir de conseils d’orientation motivés par les différents types d’évaluation qui ont été menés en cours d’année. Les données recueillies en évaluation formative peuvent être très utiles à cet effet et peuvent aussi toujours soutenir une décision de réussite, si nécessaire. »  L’évaluation formative pourrait donc être un critère de réussite en cas d’échec à l’évaluation certificative.  La tentation est grande de l’utiliser ainsi comme critère positif, mais est dangereuse également car on dénature également sa fonction première d’être un processus et non une finalité. La limite entre formatif et certificatif en ressort floue et flouée.

En fin de document, on retrouve la conclusion suivante qui lui est inhérente: « L’organisation éventuelle d’une seconde session s'accommode mal avec les grands principes énoncés dans ce document. En effet, il est plus raisonnable de préparer l’élève à la réussite de son année scolaire dans le courant de cette dernière plutôt que pendant la période des vacances d’été. »

Effectivement les secondes sessions de fin août sont contre-productives. Mais est-ce inéluctable ? Pas forcément…

En ce qui concerne l’évaluation à valeur certificative je trouve très positives ces trois remarques car elles précisent des axes qui devraient toujours être prioritaires : 
1. Avoir le temps de mettre en place une évaluation formative du type de celle à laquelle sera soumis l’élève.
2. Ne pas déséquilibrer les temps d’évaluation au détriment du temps de l’apprentissage.
3. Les périodes arrêtées pour ce type d’évaluation ne doivent pas correspondre automatiquement à une session d’examens, dans la mesure où elles se situent au terme d’une séquence significative d’apprentissage. 

Et on peut rebondir sur la troisième proposition. Pourquoi ne pas intégrer au sein de l’année scolaire des possibilités de repassage de certaines évaluations certificatives selon des modalités à définir plutôt que d’affaiblir le potentiel de l’évaluation formative? 

Les examens de passage dans certaines branches pourraient avoir lieu en juin si l’essentiel de la matière a déjà été certifié progressivement. Cela permet de maintenir une stricte séparation entre évaluation formative et certificative et éviter flou et subjectivité.     

Deux remarques intéressantes également lorsque la certification est laissée à l’enseignant lorsqu’il n’y a pas d’épreuve externe certificative : 

- il parait difficile de justifier l’échec final d’un élève qui aurait réussi la dernière épreuve de l’année si celle-ci intègre un certain nombre de compétences vérifiées et éventuellement ratées auparavant ou qui aurait réussi les épreuves certificatives de l'année à partir du moment où celles-ci intègreraient la plupart des compétences à certifier ;
- par ailleurs, et quelle que soit sa teneur, il parait tout aussi difficile de décider l’échec d’une année sur la base de la dernière épreuve sans envisager l’état des compétences de l’élève tout au long de l’année et leur évolution.

Il y a bien lieu d’évaluer l’élève dans sa globalité, dans son parcours, dans son évolution et agir proactivement et le plus tôt possible en cas de difficultés remarquées plutôt que de « constater » des échecs dans un laisser-aller déterministe. 

Référence : 
FESeC « Balises pour évaluer » D/2010/7362/3/15  (2010)

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