dimanche 9 juillet 2017

Pour une stratégie assertive de la discipline en classe!

Synthèse et réflexions autour d'un des thèmes traversés par Greg Ashman dans son excellent livre "Ouroboros" qui vient complémenter les idées de Guy Bajoit au sujet de l'autorité.


(Photographie : Ben Stockley)

Une approche assertive de la discipline consiste en un système de conséquences échelonnées sur les mauvais comportements. Il y a gradation des conséquences, commencer par un avertissement puis graduer la réponse en cas de récidives.

D’autres techniques permettent de circonscrire les comportements indisciplinés, comme se diriger vers un élève qui se comporte mal, tout en continuant à s'adresser à la classe. En faisant cela, l'élève va généralement simplement arrêter de lui-même son mauvais comportement. S'il ne le fait pas, on est en mesure de faire une remarque discrète et ciblée sans avoir besoin de la faire publiquement face à toute la classe.

Il convient également de sermonner aussi confidentiellement que possible. Postposer à la fin du cours, quand les autres élèves sont partis, une discussion avec l’élève source de perturbation. Les élèves sont moins susceptibles de reculer devant un public que seuls devant le prof. Ils ne veulent pas perdre la face devant le groupe.

En temporisant on évite la confrontation directe toute en donnant un choix à l’étudiant : soit rester silencieux pendant le cours ou choisir de discuter avec l’enseignant au moment de la pause. Cela donne à l'élève un sentiment d'avoir une option, ça permet de temporiser, calmer l’ambiance et prendre du recul plutôt que d’intervenir de suite. S’il y a protestation, on peut utiliser la technique du «disque rayé» qui signifie répéter les instructions face à la protestation. La plupart des enfants se conformeront une fois que le professeur l'a répété quelques fois.

L'expression « discipline assertive » découle d'un contraste avec une réaction «passive» ou «hostile». Il est important de rester positif et d'indiquer les instructions de manière neutre plutôt qu'émotionnellement.

Une bonne gestion de la classe est essentielle à un bon enseignement. On ne peut pas aller très loin si les élèves n'écoutent pas ou ne suivent pas les instructions. C'est du bon sens, mais c est également confirmé par la recherche sur l'éducation.

Il est ainsi important d'établir de bonnes routines pour les étudiants. Par exemple, s'il existe une activité à laquelle les étudiants doivent s'engager dès qu'ils entrent dans la salle (prendre leur journal de classe, rester debout et silencieux en attendant l’autorisation de s’asseoir), on réduit la probabilité de mauvaise conduite au début de la leçon,  mauvaise conduite causée par les élèves qui discutent en attendant de recevoir des instructions.

L’approche de la discipline se trouve en conflit entre les théories des pédagogues et les conceptions de terrain de nombreux enseignants.

  • Les pédagogues adhèrent souvent à une vision naturaliste de l’apprentissage. Apprendre à lire ou à faire des mathématiques devrait être comme apprendre à marcher ou à parler, sans effort et agréable. Si les élèves se comportent mal, alors c'est parce que l'enseignant enseigne mal, n'a pas réussi à intéresser les élèves.
  • Les conceptions de terrain des enseignants sont moins philosophiques, mais présentent souvent des comportements médiocres comme faute de l'enseignant. L'enseignant n'a pas réussi à établir de bonnes relations ou à avoir du charisme.
À mesure qu’on avance dans une carrière d'enseignant, deux choses ont tendance à se produire : on vieillit et on devient plus âgé dans la hiérarchie scolaire. Ces deux facteurs affectent la façon dont les étudiants vous voient, rendant la gestion du comportement généralement plus facile.

Le maintien de la discipline est aussi une question clé de la culture d'une école :

  • Si on décide que la question incombe aux étudiants, cela conduit à la conclusion que la hiérarchie de l’école a la responsabilité d'entamer des démarches assertives sur le sujet.
  • En revanche, si on décide que la faute incombe au professeur de la classe, c'est à lui à corriger la situation, souvent avec un minimum de soutien extérieur et ignorer un problème équivaut à espérer qu'ils disparaisse spontanément.
Pas besoin de préciser que la première option est la plus efficace en terme de climat scolaire. Educateurs, collègues et directions sont des interlocuteurs d'expérience pour amener des clés et conseils menant au désamorçage de situations problématiques. 


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