Usages du numérique

« Tout comme les grands chefs cuisiniers ne commencent pas avec les outils ou gadgets de cuisine les plus récents — et ne fondent pas leur cuisine sur eux —, les grands enseignants ne décident pas de ce qu’ils doivent enseigner ou de la manière de le faire en se basant sur les dernières tendances technologiques et les nouveaux modes d’enseignement. »

Paul A. Kirschner dans la préface du livre de Daisy Christodoulou, « Teachers vs. Tech? » (2020)


Perspective historique 


Comme l’écrit encore Paul Kirschner, jusqu’à présent, nous n’avons eu que deux véritables révolutions en matière d’enseignement.
  • La première a été la presse à imprimer. Avant son invention, les livres étaient extrêmement chers et rares. Leur accès était limité. Avec son invention, les livres sont devenus largement disponibles, mettant une mine d’informations à la disposition de nombreuses personnes.
  • La deuxième révolution a été le tableau noir au début du XIXe siècle. Avant le tableau noir, les écoles étaient principalement des bâtiments d’une seule pièce et « suivre les cours » signifiait généralement que les élèves travaillaient sur leur propre copie de textes. Les écoles étaient sous-financées et un enseignant pouvait être responsable de centaines d’élèves. Le tableau noir a permis aux enseignants de travailler avec de grands groupes d’élèves en même temps. Il a également permis de réduire la nécessité d’acheter des livres, du papier et de l’encre. Les enseignants étaient désormais en mesure de transmettre des informations à de grands groupes d’élèves de manière efficace et efficiente.
Les technologies de l’information et de la communication se présentent depuis des années comme la prochaine révolution dans l’éducation. Or, avant tout, à ce jour, elles ne sont guère plus que des extensions des deux premières véritables révolutions.

À ce jour, les nouvelles technologies constituent avant tout un outil pour l’enseignant, au même titre que les livres ou le tableau noir.

Un enseignant efficace sait quand, comment et pourquoi utiliser chacun de ses outils, en fonction de sa pédagogie, des se pratiques et de son contexte. Il possède également les compétences nécessaires pour les mettre en œuvre correctement dans différentes situations et avec différents élèves.

Comment le disent Franck Amadieu et André Tricot (2014), la question de l’apport du numérique aux apprentissages est d’autant plus importante aujourd’hui que les usages des technologies se sont grandement développés dans notre société et dans le monde de l’entreprise. Il suffit d’évoquer Internet ou le développement de supports technologiques mobiles qui permettent des accès aisés à l’information à n’importe quel moment et à n’importe quel endroit.

On parle d’apprentissage ubiquitaire car on peut théoriquement apprendre partout.

Se pose alors la question des supports alors que les dispositifs techniques deviennent de plus en plus conviviaux et permettent ainsi aux enseignants d’élaborer des ressources numériques dépassant la simple mise en ligne d’un document PDF.

Il est utile et raisonnable de considérer le numérique comme une immense famille d’outils, dont nous devons apprendre à quoi ils servent avant de nous en servir. Nous aurons ensuite le temps d’imaginer de nouveaux usages.



Bibliographie


Franck Amadieu et André Tricot, Apprendre avec le numérique, 2014, RETZ
Daisy Christodoulou, Teachers vs. Tech?, 2020, Oxford


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