mercredi 2 septembre 2020

Exemple de plan de leçon d'enseignement explicite pour les comportements attendus dans les couloirs

Une rentrée scolaire sous contraintes de distanciation amène à certains aménagements. Comment fluidifier la circulation des élèves dans un établissement d’enseignement secondaire dense aux couloirs étroits ?


(Photographie : Marcia Michael)



Voici un exemple de mise en application respectant le format de l’approche du Soutien au Comportement Positif (Bissonnette et coll., 2017)




Prise des rangs dans la cour

8 h 25 – 10 h 25 - 13 h 10 – 14 h

Remarques pour les enseignants :


Les rangs des élèves sont désormais déterminés en fonction des locaux où ils vont avoir cours et non plus en fonction des classes. Cela permet de régler le problème des groupes d’option. Ceux-ci sont indiqués sur des documents annexes. 

Pour le nouveau bâtiment, il y a un seul ordre de déplacement. Pour l’ancien bâtiment, il y a quatre directions de départ simultanées. Une pour le bâtiment Noël, une pour les deux groupes d’éducation physique et deux suivant l’escalier pris dans la cour. Les élèves qui ont une heure d’étude structurelle quittent la cour en dernier. Ces regroupements déterminent l’ordre des départs. 

L’enjeu est d’éviter tout croisement et embouteillage dans les couloirs à ces heures clés et de permettre un déplacement rapide qui se traduira par un gain de temps. Il est donc essentiel de respecter l’ordre des départs de classe. En cas d’enseignant absent ou en retard, le groupe suivant peut démarrer et le groupe concerné par le retard doit alors attendre que toutes les classes de sa série aient démarré pour partir à son tour en cas d’arrivée de l’enseignant.

L’enseignant ouvre la marche de manière à ce que les élèves puissent entrer directement en classe. 

Les élèves se déplacent en groupe et doivent se trouver dans leur rang au moment de la sonnerie. Si un élève ne se déplace pas avec son groupe, il est considéré comme en retard et renvoyé aux éducateurs. 

L’enseignant s’assure que le groupe qui le précède se déplace à une allure normale. Si tel n’est pas le cas, il s’agit de réagir et un feedback doit être assuré auprès de l’enseignant concerné ou de l’éducateur. Les élèves se déplacent rapidement et en silence.

Dans le nouveau bâtiment, lorsqu’il y a une volée d’escaliers à droite et à gauche, les élèves empruntent toujours celle de droite au moment des intercours pour éviter qu’ils ne se croisent.


Étape 1 : Identification du comportement à enseigner


Bienveillance
1) Je respecte la distanciation sociale
2) Je protège chaque personne de l’école
3) À mon niveau, je contribue au succès de la montée en classe
Solidarité
1) Je facilite l’entrée en classe de tout le monde
2) Je suis protégé par le comportement de chacun
3) Je coopère à la réussite de chacun
Engagement
1) Je contribue à une entrée en classe rapide et fluide
2) Je m’engage à respecter la montée dans les rangs
3) Je suis responsable et contribue au processus


Étape 2 : Intentions qui motivent l’enseignement de ces comportements


– Assurer la sécurité de chacun
– Maximiser le temps en classe
– Mettre en place des habitudes propices à la réussite de chacun

Étape 3 : Les exemples positifs et les contre-exemples


– Je sais à quel local je dois me rendre.
– Je porte mon masque en permanence dans les couloirs.
– Lorsque ça sonne, je suis dans mon rang.
– Je reste avec ma classe dans les couloirs.
– Je garde une distance de 1,5 m et je ne me fais pas distancer.
– Je me déplace sans m’arrêter dans les couloirs.
– Je me déplace en silence dans les couloirs.
– J’applique le principe de la tirette (voir schéma) si d’autres élèves vont dans la même direction que moi.
– Je marche à droite dans le couloir.
– Si j’arrive en retard ou si je manque le départ de mon groupe, j’attends que tout le monde soit parti et je me signale à un éducateur.
– Je me lave ou je me désinfecte les mains rapidement en entrant.
– Lorsque ça sonne, je ne me mets pas dans mon rang.
– Je ne sais pas à quel local je dois me rendre.
– Je suis volontairement à proximité d’un élève.
– Je m’arrête lors d’un déplacement dans un couloir.
– Je parle avec d’autres élèves dans les couloirs.
– Je dépasse quelqu’un ou je me laisse dépasser volontairement en allant trop lentement.
– Je marche à gauche ou en plein milieu du couloir.
– Si je suis parti trop tard, je me faufile dans une autre classe pour monter.
– J’oublie de me laver ou de me désinfecter les mains, je ne le fais pas sérieusement ou je le fais trop lentement.



Étape 4 : Modelage des attentes comportementales


– L’enseignant explique aux élèves l’attendu (exemples positifs) avec insistance et passe en revue les contre-exemples sans insistance.
– Lors du déplacement, l’enseignant ouvre la marche pour s’assurer de l’entrée des élèves en classe.
– L’enseignant surveille le déplacement des élèves de sa classe et de la classe qui précède et offre un feedback à l’enseignant ou à l’éducateur concerné par la suite en cas d’irrégularité.
– L’enseignant offre une rétroaction aux élèves sur le déplacement.


Étape 5 : Pratique guidée


– Surtout dans les premiers jours, l’enseignant fait un commentaire positif à la classe si tout se passe bien (c’est important).
– Il signale ce qui ne va pas et ce qui doit être fait dès qu’il le remarque à l’arrivée en classe (rien ne se gère dans le couloir). Les enjeux liés aux valeurs et aux intentions sont bien précisés aux élèves concernés.
– Rappeler les principes généraux du déplacement pour développer les habitudes et les bons réflexes.


Étape 6 : Pratique autonome


– Signifier positivement les bons comportements aux élèves. Une condition de réussite du processus est que chaque élève reçoive trois fois plus de commentaires positifs que négatifs sur l’application de la routine comportementale. Donc quand tout fonctionne bien où lorsqu’un élève s’améliore, il faut le signaler.
– Reconnaître les efforts de toute la classe lorsqu’un comportement est acquis.
– Revenir sur les attentes comportementales périodiquement au besoin.
– Sanctionner les élèves qui ne respectent pas le comportement.



Fin des cours et intercours

Remarques pour les enseignants :


L’architecture de notre école fait que certains couloirs sont particulièrement étroits. Afin de permettre un déplacement fluide et rapide tout en assurant le mieux possible les conditions d’une distanciation sociale, certaines mesures doivent être favorisées.

L’une d’elles lors des intercours est d’éviter qu’un groupe d’élèves stationne dans un couloir tandis qu’un autre évacue le local qu’il occupe encore.

La seconde est d’éviter qu’un groupe stationne devant un local tandis que d’autres doivent en sortir.

Les recommandations sont alors les suivantes :

1) Anticiper la fin du cours.
2) Laisser partir les élèves un à un de leur banc en fonction de la configuration du local, au moment de la sonnerie, ni avant, et ni après.
3) S’assurer que certains élèves ne trainent pas.
4) Laisser le local ouvert si un autre groupe classe doit s’installer.
5) Si, sur notre trajet vers un autre local, nous croisions un groupe classe qui attend pour rentrer dans une classe, leur ouvrir la porte.

À titre d’information, voici une synthèse d’une proposition d’organisation de fin de cours. Elle est extraite d’un livre américain de référence en matière de gestion de classe (Edmund T. Emmer and Carolyn M. Evertson, Classroom Management for middle and high school teachers, 2017, Pearson).

Procédures de fin de période


Tout comme les procédures sont nécessaires pour commencer une période, les routines sont utiles à leur clôture. Il y a deux dimensions à cette question : l’anticipation et la clôture à proprement parler.

Anticiper et préparer la fin du cours

La classe doit être remise en ordre pour la fin de la période et être rendue prête à être réutilisée par un autre enseignant ou une autre classe. Tout équipement ou matériel utilisé en classe doit être prêt pour un nouvel emploi avant la sonnerie marquant la fin de période.

L’enseignant profite de la fin du cours pour rappeler aux élèves les échéances à venir ou pour attirer leur attention sur l’un ou l’autre point d’actualité.

Pour atteindre ces objectifs, nous devons réserver suffisamment de temps en fin de période. Un court laps de temps, de l’ordre d’une demi-minute à une minute peut être nécessaire pour qu’ils rangent leurs affaires.

C’est l’enseignant qui est le gardien du temps et juge quand il est nécessaire d’indiquer aux élèves de commencer à ranger leurs affaires. Il s’agit d’être vigilant et de ne pas l’oublier, sinon :

Les élèves vont prendre l’habitude d’en prendre l’initiative ce qui va mener à des fins de cours désordonnées.

Certains élèves vont arrêter de travailler trop tôt, se préparer à partir bien avant la sonnerie et enclencher une socialisation avec leurs voisins.

D’autres élèves ne vont commencer à ranger qu’au moment de la sortie. Cela se traduit par un départ des élèves de la classe en accordéon, ce qui compromet le bon démarrage du cours suivant.

Ainsi, il doit y avoir une routine bien établie où c’est l’enseignant qui indique aux élèves qu’ils peuvent commencer à ranger leurs affaires. Les élèves ne peuvent pas en prendre l’initiative. Tout au plus peuvent-ils rappeler à l’enseignant que la fin du cours approche et qu’il est temps de ranger si celui-ci est distrait.

Si ce processus est bien établi, les élèves ne prendront pas l’habitude de déterminer par eux-mêmes la fin du cours. Il faut donc donner suffisamment de temps aux élèves et à soi-même afin de terminer le cours dans de bonnes conditions. Appliquer cette procédure favorisera également le démarrage du cours suivant.

Marquer la fin du cours

La seconde dimension concernant la clôture consiste à donner le signal de renvoi et de sortie des élèves. Le processus précédent qui détermine le rangement des affaires et le bilan de l’enseignant a pour but d’offrir une structure et d’éviter que les élèves ne se mettent à bavarder et à bouger.

L’autre risque inhérent est qu’une fois que les élèves ont rangé leurs affaires, ils sont susceptibles de quitter leur place. Ils pourraient soit sortir de la classe avant la sonnerie, soit venir s’agglutiner devant la porte en attendant l’ouverture de celle-ci. Dans les deux cas, le processus est propice à un brouhaha désordonné.

À l’opposé, ce qui est conseillé est de demander aux élèves de rester assis et silencieux à leur place tant que la sonnerie n’a pas eu lieu. C’est l’enseignant qui doit donner le signal de départ. L’enseignant a l’opportunité de vérifier à ce moment-là la propreté du sol et de demander le cas échéant aux élèves concernés de ramasser les papiers oubliés. Tous les élèves sortent alors en même temps quand il donne le feu vert et les retardataires sont priés de se dépêcher pour ne pas retarder le cours suivant.

L’enseignant garde la maîtrise, l’attention, le contrôle de la classe et la parole jusqu’à la sonnerie. Ce n’est jamais la sonnerie qui indique le départ, mais l’enseignant (dans le contexte actuel pour éviter un départ en masse des élèves).

Il s’agit de bien en avertir les élèves dès le premier cours et de les rappeler à leur place s’ils ne respectent pas la procédure énoncée. Il s’agit d’être vigilant et de ne pas laisser les élèves fissurer le dispositif qui aurait tôt fait de s’écrouler. Il ne faut pas laisser des élèves ranger trop tôt leurs affaires. De même, les élèves qui ont quitté leur place plus tôt et ont dû la réintégrer peuvent recevoir comme consigne qu’ils partiront après les autres, en dernier, une fois que l’enseignant leur donnera un nouveau signal. Cette démarche favorisera à l’avenir la conformité de leur comportement en fin de cours.



Étape 1 : Identification du comportement à enseigner


Bienveillance
1) Je respecte la distanciation sociale
2) Je protège chaque personne de l’école
3) À mon niveau, je contribue au succès des intercours
Solidarité
1) Je facilite l’intercours pour tout le monde
2) Je suis protégé par le comportement de chacun
3) Je coopère à la réussite de chacun
Engagement
1) Je contribue à une sortie ou à un changement de classe rapide et fluide
2) Je me rends rapidement au local suivant 3) Je suis responsable et contribue au processus


Étape 2 : Intentions qui motivent l’enseignement de ces comportements


– Assurer la sécurité de chacun en fluidifiant les déplacements dans les couloirs.
– Minimiser le temps nécessaire au passage d’une classe à une autre.
– Mettre en place des habitudes propices à la réussite de chacun.


Étape 3 : Les exemples positifs et les contre-exemples


– Je sais vers quel local je dois me rendre au cours suivant.
– Lorsque ça sonne, mes affaires sont rangées, je suis assis à mon banc et prêt à partir.
– Je reste avec ma classe dans les couloirs.
– Je garde une distance de 1,5 m et je ne me fais pas distancer.
– Je me déplace sans m’arrêter dans les couloirs.
– Je me déplace en silence dans les couloirs.
– J’applique le principe de la tirette si d’autres élèves vont dans la même direction que moi et sortent d’une classe sur mon trajet.
– Je marche à droite dans le couloir.
– Si j’arrive en retard ou si je manque le départ de mon groupe, j’attends que tout le monde soit parti et je me signale à un éducateur.
– Je me lave ou désinfecte les mains rapidement en entrant.
– Si le local où j’arrive est fermé ou occupé, je m’assure de ne pas bloquer le passage dans le couloir
– Je ne sais pas dans quel local je dois me rendre au cours suivant.
– Je me lève ou prépare mes affaires avant le signal de mon enseignant.
– Lorsque ça sonne, mes affaires ne sont pas rangées et je ne suis pas prêt à changer de local.
– Je suis volontairement à proximité d’un élève pour parler avec lui.
– Je m’arrête lors d’un déplacement dans un couloir quand je croise quelqu’un que je connais.
– Je parle avec d’autres élèves dans les couloirs.
– Je dépasse quelqu’un ou je me laisse dépasser volontairement en allant trop lentement.
– Je marche à gauche ou en plein milieu du couloir.
– J’oublie de me laver ou de me désinfecter les mains, je ne le fais pas sérieusement ou je le fais trop lentement.
– Si le local où j’arrive est fermé, je bloque le passage dans le couloir en m’agglutinant devant la porte avec les autres élèves de la classe.




Étape 4 : Modelage des attentes comportementales


– L’enseignant explique aux élèves les attendus (exemples positifs) avec insistance et passe en revue les contre-exemples sans insistance.
– Lors de la sonnerie, l’enseignant laisse sortir les élèves un à un à un rythme rapide.
– Si le local est occupé à l’heure suivante, l’enseignant laisse la porte ouverte derrière lui et se dirige vers le local où il va donner cours.
– Si des élèves attendent devant un local sur son trajet, il leur ouvre la porte pour qu’ils puissent rentrer.
– L’enseignant surveille lors de son déplacement que les élèves respectent les règles de déplacement et les rappelle si ça n’est pas le cas.
– Dans le nouveau bâtiment, lorsqu’il y a une volée d’escaliers à droite et à gauche, les élèves empruntent toujours celle de droite au moment des intercours pour éviter qu’ils ne se croisent.
– L’enseignant offre une rétroaction sur le déplacement à la classe qu’il rejoint et évalue avec eux le fonctionnement en leur rappelant la procédure.


Étape 5 : Pratique guidée


– Surtout dans les premiers jours, l’enseignant fait un commentaire positif à la classe si tout se passe bien (c’est important).
– Il signale ce qui ne va pas et ce qui doit être fait dès qu’il le remarque à l’arrivée en classe (rien ne se gère dans le couloir). Les enjeux sont bien précisés aux élèves concernés.
– Rappeler les principes généraux du déplacement pour développer les habitudes et les bons réflexes.


Étape 6 : Pratique autonome


– Signifier positivement les bons comportements aux élèves. Une condition de réussite du processus est que chaque élève reçoive trois fois plus de commentaires positifs que négatifs sur l’application de la routine comportementale. Donc quand tout fonctionne bien ou lorsqu’un élève s’améliore, il faut le signaler.
– Reconnaître les efforts de toute la classe lorsqu’un comportement est acquis.
– Revenir sur les attentes comportementales périodiquement au besoin.
– Sanctionner les élèves qui ne respectent pas le comportement.


Bibliographie


Steve Bissonnette, Clermont Gauthier et Mireille Castonguay, L’enseignement explicite des comportements, 2017, Chenelière éducation

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