jeudi 6 décembre 2018

Vers un modèle de l’éducation basée sur des preuves en contexte scolaire !

Une petite réflexion sur la question de pratiques enseignantes basées sur des données probantes et sur la façon dont elles peuvent trouver un sens en contexte scolaire, que j'ai rédigé à l'occasion d'une courte intervention sur le sujet dans une école secondaire.




(Photographie : Marisa Chafetz)

Lorsqu’on prend l’avion en famille ou un car avec un groupe d’élèves, on s’attend à ce que toutes les consignes de sécurité et de contrôle aient été respectées. Quand on va au médecin lorsque l’on est malade, on attend de lui qu’il nous propose un traitement dont l’efficacité a été vérifiée.  Qu’en est-il pour l’école à qui on confie nos enfants ?


Les pratiques basées sur des preuves (ou informées par des données probantes) sont à l’intersection de trois pôles axés sur des principes et composantes contextualisées telles que :


Les valeurs et le leadership au sein de l’école 


  • Etablir un climat de confiance qui invite à l’engagement plutôt qu’il ne le contraint.
  • Favoriser le respect, dans le sens où sont adoptés des comportements et des attitudes attentionnés et appropriés en toutes circonstances.
  • Prendre le parti de l’optimisme, dans la recherche du potentiel inexploité et de l'unicité de chacun.
  • Favoriser l’apprentissage et à travers celui-ci l’épanouissement de chacun. 



Les données probantes en éducation


  • Consulter les meilleures sources : livres de référence, articles de recherche, experts ou chercheurs. Effectuer une recherche bibliographique sérieuse sur la question !
  • S’assurer de l’existence d’une validation indépendante, y-a-t-il eu des essais randomisés contrôles, une taille d’effet a-t-elle été établie, dans quels contextes.  Ne pas faire de nos élèves des cobayes !
  • Comparer l’efficacité mesurée à celle d’autres approches concurrentes, réfléchir en termes de ressources disponibles et d’efficience, de collaborations, de programmes existants dans d’autres écoles. Ne pas réinventer la roue !
  • S’interroger sur la cohérence de l’approche avec les fondements en psychologie cognitive, neurosciences ou sciences de l’éducation. Savoir pourquoi ça marche ! 




L’expertise de l’enseignant 


  • Revendiquer le professionnalisme de l’enseignant qui est un expert dans sa classe pour l’enseignement de sa matière.
  • Valoriser la liberté pédagogique, car selon le principe du confort cognitif, un enseignant n’adopte que ce à quoi il croit vraiment et ce dont il reconnait l’efficacité.
  • Favoriser le travail en communautés d’apprentissage professionnelles qui permettent la mise en commun des outils, des succès et offrent une réflexivité inégalée.
  • Offrir une vraie formation continuée, utile aux élèves, collaborative, soutenue par un leadership pédagogique, accompagnée et distribuée dans le temps. 



Décisions de pratiques basées sur des preuves (EBP)


  • La décision d’implanter toute amélioration, projet, pratique prioritaire gagne à passer par ce modèle qui pose des garanties de cohérence pour un succès possible. 
  • A partir du moment où une décision est prise, un autre processus se met en route, qui tient du pilotage de l’implantation, de l’évaluation et de l’amélioration.  




Quelques pistes d’amélioration et facteurs ayant un large support de la recherche



  • Enseignement explicite 
  • Evaluation formative
  • Feedback / rétroaction
  • Apprentissage coopératif
  • Enseigner des stratégies cognitives
  • Analyse des stratégies d’apprentissages
  • Enseigner des stratégies de mémorisation
  • Soutien au comportement positif
  • Auto-évaluation de l’étudiant
  • Objectifs d’apprentissage
  • Organisateurs graphiques
  • Engagement / concentration
  • Auto-efficacité
  • Vérification de la compréhension
  • Tutorat, aide des pairs
  • Clarté de l’enseignant
  • Apprentissage réciproque
  • Relations de confiance prof / élèves
  •  …. (voir la liste publiée par John Hattie en décembre 2017)


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